Recueils de lois el rcijlemenis, t. III, p. 4 et suiv
bureau d'administration, qui fixait le prix de la pension ainsi que la rétribution des externes. Il devait y avoir des « places gratuites », une par cinquante pensionnaires; les jeunes gens qui en jouiraient seraient entrenus aux frais du directeur sur le bénéfice des pensionnats, et nommés par le ministre de Tlntérieur sur une présentation double faite par le bureau dadministration : ces places n'étaient pas réservées aux seuls élèves les plus capables, mais aussi aux fils de militaires et de fonctionnaires.
Enfin diverses dispositions réglaient le plan d"études sur le modèle de celui des lycées, mais réduit, fixait les peines disciplinaires, le costume et (nous y reviendrons) les exercices religieux.
Un autre arrêté, en date du même jour, décida qu'aucune école particulière ne pourrait devenir secondaire si elle n'avait au moins trois instituteurs, y compris le chef, et cinquante élèves tant pensionnaires qu'externes, et que ces écoles devraient suivre le mode d'enseignement prescrit pour les écoles secondaires communales.
Ni la loi ni les règlements ne restèrent lettre morte, et l'organisation des écoles secondaires s'effectua assez vite.
C'est par des arrêtés consulaires, i)uis par des décrets impériaux que ces écoles lurent autorisées.
En 1806, dans un rapport de Fourcroy à l'empereur, annexé à la situation de l'Empire, on lit qu'en moins de deux ans il a été créé 370 écoles secondaires communales, dont 300 en pleine activité, et pour lesquelles les communes dépensent 1 906 383 francs, et 377 écoles secondaires particulières. 11 y a aussi 4 500 écoles tenues par des particuliers, qui, u sans être aussi
fortes que les écoles secondaires, ne peuvent cependant pas, dit Fourcroy, être rangées dans la classe des écoles primaires ». Dans les écoles secondaires communales, il y a 22 490 élèves; dans les écoles secondaires particulières, 27 710; dans les 4 500 petites maisons déducation, 23 000 environ; au total : 75 200 élèves '.
11 est à supposer que c"est à l'aide des états demandés aux préfets et aux sous-préfets que Fourcroy obtint ces divers totaux. Mais nous n'avons pas retrouvé l'ensemble de ces états aux Archives nationales -.
Pour avoir une liste complète des écoles secondaires communales, il faudrait réunir les nombreux arrêtés et décrets y relatifs '. La liste qu'en donnent les
1. Ce rapport a été réimprimé dans les Archives parlementaires, 2* série, t. IX, p. 77 et suiv. D'autre part, dans son rapport du 3 mars 1843 (Bibl. nat., Le 61/208, in-8), Yillemain, ministre de l'Instruction publique, dit : « Le nombre des écoles secondaires privées, qui n'était que de 343 en 1804, fut plus que triplé dans l'intervalle de quelques années •>. Les éléments de cette vague nomenclature avaient-ils été fournis à Yillemain par ses bureaux? Je ne les ai pas retrouvés aux Archives nationales. Peut-être sont-ils restés dans les papiers personnels de Villemain. Autre statistique : on lit dans la Correspondance de Napoléon, à la date du 28 janvier 1808 (t. XVI, p. 286) : " M. de Fourcroy présente des rapports et des états sur la situation des écoles primaires, secondaires, communales et particulières, et sur la maison d'éducation; il en résulte que ces écoles sont au nombre de 7 356, et qu'elles donnent l'éducation qui est propre à chacune d'elles à 162 300 élèves ».
2. 11 y a, dans ces Archives, 12 liasses, cotées F'" 62 994 à 63 004, qui, indiquées par erreur comme se rapportant aux « collèges communaux », se rapportent en réalité aux écoles secondaires. Mais ces documents, rangés par départements, consistent surtout en des pétitions émanées de chefs d'institutions qui demandent que leur établissement soit érigé en école secondaire.
3. Ces arrêtés sont tantôt reproduits, tantôt simplement signalés
Annuaires de l'instruction publique pour l'an XII et pour l'an XIII a tant de lacunes qu'elle n'est guère utilisable». (De Fan XIII à 1810, il ne parut, que je sache, aucun annuaire analogue.) Il y a une autre liste à la fin du tome II du Recueil des lois et règlements concernant Vinstraction publique (publié en 1814). Mais elle ne comprend que 273 écoles secondaires communales, au lieu des 370 qui, d'après le rapport de Fourcroy de 1806, furent autorisées.
Nous savons, toutefois, que la plupart des municipalités qui, ayant une école centrale, n'eurent pas de lycée, suivirent le conseil de Fourcroy et transfor-
par le Balletin des lois, du 30 veadémiaire an XI au 2 thermidor an XII. Pour être sûr de les avoir tous, il faudrait consulter la série des arrêtés et des décrets aux Arcli. nat., dans AFiv.
1. Nous avons, pour l'époque du Consulat, un Annuaire de Vinsiniction publique en quatre volumes, le premier pour l'an IX, le second pour l'an X, le troisième pour l'an XI, le quatrième pour l'an XII, Bibl. nat.. Le 25/224 ter (môme cote pour les quatre volumes). Le volume pour l'an XII porte cette mention : « Publié avec l'autorisation spéciale du conseiller d'État chargé de cette direction ». Ce volume de l'an XII contient fp. 160 et suiv.) un tableau des écoles secondaires, par séries non alphabétiques de département, chaque série placée sous la date de l'arrêté approbatif. Le premier de ces arrêtés est daté du 30 vendémiaire an XI; le dernier, du 3 frimaire an XII. Tous les départements n'y sont pas représentés. Il y a aussi un annuaire pour l'an XIII, intitulé : Manuel de Vinstruction publique pour Van XIII, ou Recueil complet des lois, arrêtés, décisions et instructions concernant rétablissement et le régime des lycées, des écoles primaires, secondaires et des écoles spéciales, avec l'état général et nominatif de tous les établissements et de tous les fonctionnaires dépendant de la direction de rinstruction publique, publié avec l'autorisation spéciale de M. le conseiller d'État, directeur général de l'Instruction publique. A Paris, chez Courcier, an XIII, 1805, in-12 de 40i pages. Bibl. du Musée pédagogique, n" 39 999 (Manque à la Bibl. nat.). Malgré les promesses du titre, ce n'est pas, tant s'en faut, un « recueil complet ". Après cet annuaire de l'an XIII, le premier que nous rencontrions est celui de l'Université impériale pour 1810.
nièrent leurs écoles centrales en écoles secondaires. C'est ce qui arriva, par exemple, à Angoulême.
Parmi les établissements privés, cjnels furent ceux qui devinrent écoles secondaires? 11 semble que les plus importants reçurent tous ce titre, et il est sûr qu'à Paris le collège des Sciences et des Arts, ci-devant Saint-Barbe, en même temps qu'il reprit son ancien nom, s'intitula : École secondaire i. Mais une foule d'institutions et de pensionnats ne furent pas jugés dignes de ce titre ou ne s'en jugèrent pas dignes. Cependant, tous ces établissements durent demander et il semble qu'ils demandèrent l'autorisation exigée par la loi. Cette autorisation ne fut donc pas seulement exigée des établissements à créer, mais des établissements existants. Ainsi, pour le département de la Seine, nous avons, aux Archives nationales -, un répertoire alphabétique manuscrit des noms des chefs d'institution et de pension, dont chaque page est divisée en neuf colonnes, avec les en-têtes suivants : 1° Nom et prénoms du chef de l'établissement; 2° domicile; 3'^ date de l'autorisation; 4° écoles secondaires; 5° maisons d'éducation ; 6° écoles des i^^ et de 2'= degrés ; 7° nombre de maîtres; 8" nombre des élèves pensionnaires; 9" nombre des élèves externes. Ce répertoire comprend plus de 400 noms. Mais nous n'avons pas trouvé de répertoire analogue pour les autres départements.
Ce qu'on peut affirmer, c'est qu'en dehors des écoles secondaires proprement dites, soit communales, soit privées, il subsista en France une foule de petits établissements privés où fut donné un enseignement à J)ase latine.