‹ Napoléon Ier et le monopole universitaire;Chapitre 34 sur 221 · Sous la cole F · texte numérisé non relu

Sous la cole F

Dans les écoles communales, qui, on le voit, ne furent autre chose que les futurs collèges communaux, quelle fut la valeur de renseignement? C'est une question à laquelle il ne mest pas possible de faire une réponse générale. Bon ou fort convenalde dans les villes qui, comme Angoulême, transformèrent leur école centrale en école secondaire, il est probable que cet enseignement fut médiocre dans d'autres villes, faute de professeurs suffisants.

Quant à ces 4 500 écoles où se donnait aussi, selon le rapport de Fourcroy, l'enseignement secondaire et dont plusieurs ne comptaient que deux ou trois élèves, il est bien évident qu'on ne peut songer à porter, sur la valeur de l'enseignement qui s'y donnait, un jugement général quelconque.

On a vu que ces écoles étaient placées « sous la surveillance et Tinspection particulière des préfets », mais la loi n'exigeait pour elles aucune autorisation préalable. Cependant, à Paris, le préfet de la Seine prit le droit de les autoriser et, éventuellement, de les fermer, par le même arrêté du 2o pluviôse an XII qui avait semblablement réglementé les écoles primaires privées. Nommé par le préfet de la Seine et composé des chefs d'écoles secondaires, un jury examinait, au point de vue de la capacité professionnelle, quiconque voulait diriger une de ces écoles ou y professer.

Fourcroy n'eut pas toujours à se louer de la docilité des chefs d'écoles secondaires privées. Ainsi M. Pillât, chef d'une de ces écoles à Paris, fit un discours de distribution de prix, que nous n'avons pas, mais qui parut inconvenant au directeur de l'instruction publique, lequel s'en plaignit au préfet de la

Seine, Frochot. Nous lisons dans la réponse du préfet (11 brumaire an XIV) : « J'avoue, Monsieur et cher collègue, que plusieurs passages de ce discours sont en effet très répréhensibles, et que, si M. Pillât se montre dans tout cet écrit comme homme de beaucoup de talents, il ne prouve pas aussi bien qu"il sache observer les convenances que ses fonctions lui imposent. Malheureusement la plupart de ses confrères mériteraient, du plus au moins, la même censure, car il en est fort peu qui marchent dans le sens de leur institution. Les écoles secondaires tendent, en général, à s'affranchir du joug de l'administration, et. l'exemple gagnant de proche en proche, il arrive que la majeure partie des maisons d'éducation, dont le nombre est immense à Paris, existent sans frein, et croient pouvoir professer telle doctrine, établir dans leur intérieur tel système d'éducation quil leur plaît sans sinquiéter si cette doctrine ou ce sj^stème concordent avec les principes et les vues du gouvernement. » D'où c( la nécessité d'assujettir toutes les écoles particulières à une surveillance rigoureuse. » Mais la loi du 11 floréal an X donne peu de moyens au préfet. Pour y suppléer, il prépare un projet de règlement qu'il transmettra à Fourcroy. En attendant, il admonestera M. Pillât ^

Le gouvernement consulaire n'hésitait pas à se prononcer contre la liberté de l'enseignement et à proclamer le droit éminent de l'État en matière d'instruction publique. Le 5 pluviôse an XI, l'administration des cultes, dans une circulaire à propos d'associations religieuses enseignantes qui se reconstituaient çà et là, plus ou moins mystérieusement, posait ce

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