LES LYCEES : ORGANISATION GENERALE
doive se livrer : voilà ce qui, en rapprochant les lycées actuels des écoles centrales qu'ils remplaceront, les éloigne le plus des anciennes méthodes qu'aucun être raisonnable ne voudrait, ne pourrait plus suivre aujourd'hui '. »
L'opinion trouvait qu'il y avait, aux écoles centrales, surabondance dans l'enseignement scientifique, insuffisance dans l'enseignement classique. « Dans les lycées, dit Fourcroy, ce qui était autrefois enseigné dans les collèges pourra être cumulé avec les objets d'enseignement des écoles centrales. On y comprendra l'étude de la littérature ancienne et moderne dans tous ses degrés, et celle des sciences mathématiques et physiques, nécessaires dans le plus grand nombre des professions. On a supprimé ce qu'il y avait de suranné et de surabondant, ce qui péchait par les deux genres d'excès dans les institutions précédentes-. »
L'uniformité dans les programmes, quels que fussent les lieux, était un dos défauts des écoles centrales comme des anciens collèges : <c Tout ce qui appartient
à dire ((ue les anciens collèges avaient au moins préparé à bien apprendre et à bien embellir ce qu'ils n'enseignaient que très imparfaitement, puisque le goût des Français pour les sciences mathématiques pourrait bien être en partie l'efTet de cette élégance introduite jusque dans les formules de la géométrie par des esprits lettrés, tels que nos Borda, nos Laplace, nos Delambre, et que le goût de la nation pour les sciences naturelles ne date que de l'époque où elles furent enrichies de cette magnificence de style dont les études littéraires avaient doué le talent naturel du grand écrivain qu'on a nommé le peintre de la nature. » (Recueil de lois el règlements, t. II, p. 237.)
1. Jbid., p. 243. On remarquera qu'il n'était pas question d'enseigner l'histoire dans les lycées. A ce sujet, Rœderer dira, devant le Corps législatif, (jue cet enseignement était inutile, « l'histoire proprement dite n'ayant besoin que d'èlre lue pour être apprise ». (/6jrf., p. 257.)