‹ Napoléon Ier et le monopole universitaire;Chapitre 48 sur 221 · Arch. nat., ADvui · texte numérisé non relu

Arch. nat., ADvui

2. L'intention de Fourcroy eût été que tous ces professeurs lussent employés. Dans ses instructions aux inspecteurs généraux du 13 brumaire an XI {Manuel de l'instruction puhlique de l'an XIII, p. 142 à 160), il disait, à propos des écoles centrales : •< En y substituant des lycées, la loi du 11 floréal n'a point voulu supprimer entièrement, et sans remplacement, les écoles centrales; elle n'en a élagué que le superflu, dans le nombre et dans les genres d'enseignement. Telles qu'elles sont, elles contiennent, en matériaux d'instruction, et en hommes chargés de les mettre en œuvre, tout ce qu'il faudra donner aux lycées. Ce qui ne trouvera pas de place dans ceux-ci sera reversé dans les écoles spéciales, ou pourra, non moins utilement encore, servir aux écoles secondaires. Les professeurs des écoles centrales, qui, par une suite de circonstances dont il est inutile de rappeler ici l'influence, n'ont pas attiré la foule des élèves, qu'un enseignement trop relevé en a surtout et le plus souvent écartés, verront leurs efforts couronnés d'un succès plus flatteur, lorsqu'ils voudront les approprier davantage au goût décidé et aux véritables besoins du plus grand nombre. »

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sauver de la misère? Auprès de vous, si vous le vouiez, dans une bibliothèque, dans un hospice, dans tel autre endroit que vous désignerez, avec la moindre place que vous aurez eu la complaisance de me procurer. Les lycées s'organisent lentement. Les écoles secondaires qui nous environnent sont remplies; aucun vide nulle part, si ce n'est dans ma bourse. Voilà, je ne saurais trop le répéter, ma cruelle position. Ma jeune épouse et notre cnlant nouveau-né dépérissent à vue d"œil. Moi, de mon côté, je me trouve ruiné de fond en comble, excédé de fatigue, accablé de chagrin, et ne sachant quel parti prendre pour braver les coups de la fortune. Tendez-moi une main favorable i... » L'abandon où furent laissés les anciens professeurs des écoles centrales non employés dans les lycées est caractéristique de l'économie ou plutôt de lavarice presque sordide que Napoléon Bonaparte fit paraître parfois dans les dépenses pour l'instruction publique.

Nous avons parlé de l'organisation administrative et de l'organisation matérielle des lycées. Voici ce que furent, dans l'application, la discipline et l'enseignement.

Une discipline à la fois militaire et monacale fut

1. Arch. nat., Pi' 63 003. — Fourcroy écrivit au citoyen de Lanneau, directeur de Sainte-Barbe, pour lui demander d'employer L'Artois. Mais nous ne savons si cette demande fut suivie d'effet. Le nom de L'Artois ne se trouve pas dans la liste que donne Jules Quicherat des plus distingués professeurs qui professèrent à Sainte-Barbe sous le Consulat et l'Empire. (Histoire de Sainte-Barbe, t. 111, p. G8.)

établie par l'arrêté du 19 frimaire an XI et par le règlement du 21 prairial suivant.

Les élèves étaient divisés, pour la police, en compagnies de vingt-cinq. 11 y avait dans chaque compagnie un sergent et quatre caporaux, choisis parmi les élèves les plus distingués. Un sergent-major pour toutes les compagnies était choisi parmi les élèves qui réunissaient à l'avantage de l'âge et de la taille ceux de l'instruction et de la bonne conduite. Tout ce qui était relatif aux repas, aux récréations, au sommeil, se faisait par compagnie. Le signal de tous les exercices était donné au son du tambour. Pour chaque compagnie, au-dessus de l'âge de quatorze ans, il y avait un <( maître de quartier ou d'études », et, au-dessous de cet âge, il y en avait deux pour trois compagnies. Mangeant avec les élèves, couchant dans le même dortoir, ils ne les quittaient que pendant le temps des leçons. Aux écoles centrales, il n'y avait pour ainsi dire pas de punitions : dans les lycées, les élèves étaient punis de la prison, de la salle de pénitence et des arrêts. Tous les jours, de onze heures à midi et demie, c'étaient des exercices militaires.

Cette caserne était aussi un couvenL Toute sortie était interdite en principe. Il était fait une lecture pendant le repas, et les élèves devaient observer le plus grand silence.

Aux exercices militaires s'ajoutèrent des exercices religieux, en dépit de la loi, qui avait implicitement établi la la'icité de tout le régime scolaire, en dépit des assurances officielles que Rœderer, directeur de l'instruction publique, avait données au Corps législalif^.

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