‹ Napoléon Ier et le monopole universitaire;Chapitre 58 sur 221 · Liard, L'Enseignement supérieur en France, t. H, p · texte numérisé non relu

Liard, L'Enseignement supérieur en France, t. H, p

à ses élèves trois cours de droil : 1° droit romain et français; 2'^ législation criminelle; 3° jurisprudence pratique; plus un cours « d'éloquence, de logique et de morale ». En Tan XI fut créé un cours « d'économie politique », professé par le citoyen Morisse. Bien vue du gouvernement, cette [Académie nomma pour président, le l'^'" prairial an XI, Portalis, conseiller d'État chargé des affaires des cultes, pour secrétaire Chabot (de l'Allier), tribun, et pour secrétaire-adjoint Demautort, notaire. Dans son Comité directeur on voyait Bourguignon, juge au tribunal de la Seine, Lanjuinais, sénateur, Billecoq, jurisconsulte, et Mourre. commissaire du gouvernement près le tribunal d'appel de Paris. Des exercices publics couronnaient les études, mais ces exercices n'avaient point de rapport avec le droit. En fi'uctidor an X, ce furent : l'' un discours sur la nature et les effets de l'éloquence; 2" un plaidoyer entre l'Ignorance, la Philosophie et l'Éloquence dans leurs rapports avec une société naissante (c'est l'éloquence qui l'emporta) ; i" une distribution de prix. D'après le Journal des Débats du 16 fructidor, « la salle, disposée en amphithéâtre, éclairée avec goût, remplie d'hommes distingués dans tous les genres et de femmes belles de parure et dattraits, offrait un coup d'œil ravissant ^ ».

L'Université de jurisprudence, présidée par Bexon, et dont le « directeur général » était La Bivallière, semblait avoir surtout pour but de former des avocats. D'après le palmarès de la distribution de prix du cinquième jour complémentaire an XI, on s'y proposait surtout de former des avocats. Les enseignements

1. Voir Paris sous le Consulal, par A. Aulard, t. III, p. 227 et 234; t. IV, p. 106.

énumérés sont : i" le droit romain; 2'J réloquence ; S'' la législation criminelle; 4» léloqucnce de la voix; 0° la plaidorie. Le conseiller d'État Muraire assista à cette distribution de prix et accepta le titre de président d'honneur 1. 11 semble que cette Université fût un foyer d'opposition libérale. Bexon s'opposa, en prairial an XII, à ce qu'elle fît une adresse à Tempcreur. « L'esprit de cet établissement, écrit alors le l)réfet de police, est absolument contraire à l'ordre de choses actuel. On ne s'occupe point de politique pendant les séances; mais, avant et après, on se répand dans les salles, et là chacun cause à son gré avec ses amis et connaissances. Moreau a un grand nombre de partisans dans cette réunion, qui est dirigée par les avocats, dont le caractère est toujours turbulent et insubordonné, quoiqu'ils ne soient pas encore en corporation, comme dans l'ancien régime. En général, cette classe de citoyens qui se disent indépendants ne néglige aucun des moyens propres à aigrir les esprits conti'e le gouvernement-. »

L'enseignement qui se donnait dans ces deux établissements parut assez sérieux pour qu'à la création des écoles de droit leurs élèves fussent admis à se présenter de plain-pied à la licence ^.

C'est par une loi, celle du 22 ventôse an Xll, et par un décret, celui du quatrième jour complémentaire an Xll, que furent organisées les écoles de droit. On devait y enseigner, selon la loi : 1'^ le droit civil français,

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