‹ Napoléon Ier et le monopole universitaire;Chapitre 60 sur 221 · Ibid., p. 46 et suiv · texte numérisé non relu

Ibid., p. 46 et suiv

Quant aux écoles spéciales à créer, le ministre de l'Intérieur proposa à l'empereur d'établir une école spéciale de littérature et d'histoire au Collège de France.

A ce propos, Napoléon dicta (à Finkenstein, le 19 avril 1807) une note fort intéressante *. On y voit quil répugnait à l'enseignement supérieur de la littérature et n'aurait voulu qu'un enseignement supérieur d'histoire et de géographie.

Voici son raisonnement.

Le jeune homme qui sort du lycée a fait sa rhétorique : il a donc appris à parler et à écrire, il connaît les auteurs classiques, il a appris à compter et à mesurer, il a des notions de physique, il a des notions d'histoire et de géographie; il a reçu « l'éducation commune et nécessaire » pour devenir propre à recevoir le complément d'instruction qu'exige la carrière où il entrera. Ce complément, il le reçoit dans les écoles spéciales. École polytechnique. École de droit, École de médecine, etc.

Une école spéciale n'est pas un établissement d'éducation, « mais un établissement destiné à l'instruction des hommes qui se dévouent à telle profession savante, à telle ou telle science ». « Tout ce qui n'est qu'élémentaire, tout ce qui n'est pas science ne peut former les attributions d'une école spéciale. »

Une école spéciale de littérature, comme celle que le ministre de l'Intérieur voudrait créer. Napoléon ne voit pas ce que ce serait. Y enseignerait-on l'éloquence et la poésie? Mais le jeune homme a appris cela en rhétorique 2. D'ailleurs l'éloquence et la poésie n'ont

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