‹ Napoléon Ier et le monopole universitaire;Chapitre 74 sur 221 · PREMIERS PROJETS D INIVERSITE IMPERIALE · texte numérisé non relu

PREMIERS PROJETS D INIVERSITE IMPERIALE

1805, comme le dit Eugène Rendu •, qu'il faut rapporter les propos tenus par l'empereur devant Fourcroy et Fontanes. Comme nous ne les connaissons que d'une manière fort indirecte-, c'est sous toute réserve que j'en citerai ceci, écho de la note de Champagny sur l'éducation religieuse : « 11 faut, disait-il, me faire des élèves qui sachent élrc des hommes.... Et vous croyez, s'écria-t-il tout à coup en élevant la voix, et comme s'adressant à un adversaire invisible, vous croyez que l'homme peut être homme s'il n"a pas Dieu 1 Sur quel point d'appui posera-t-il son levier pour soulever le monde, le monde de ses passions et de ses fureurs? L'homme sans Dieu, je lai vu à l'œuvre depuis 1793! Cet homme-là, on ne le gouverne pas, on le mitraille: de cet homme-là, j'en ai assez! Ah! et c'est cet homme-là que vous voudriez faire sortir de mes lycés? Non, non; pour former l'homme qu'il nous faut, je me mettrai avec Dieu; car il s'agit de créer, et vous n'avez pas encore trouvé le pouvoir créateur, apparemment! »

1. « C'est à ce moment (juillet ou août 1805), dit Eugène Rendu, p. 27, et sous l'influence des idées et des faits que nous venons de mettre en lumière, qu'il voulut donner corps et vie à la pensée dont il était en quelque sorte obsédé. » Eugène Rendu oublie qu'il nous a dit lui-même, p. 26, que l'inspection faite par Fourcroy se prolongea jusqu'en thermidor an XIII (juillet-août 1805). Son rapport ne put guère être présenté avant fructidor (aoùt-septemiîre). Eugène Rendu dit que la note de Champagny, sur l'éducation religieuse, fut rédigée « quelques mois après ». Il place l'éclosion du projet aussitôt après cette note. Tout cela nous mène bien jusqu'aux environs de la bataille d'Austerlitz. D'autre part, le tribun Fréville, dans son discours au Corps législatif du 10 mai 1806 {Arch. pari., T série, t. IX, p. 156 et suiv.), dit que le projet prit corps après cette bataille. Voir aussi Pelet (de la Lozère), Opinions de Napoléon, p. 157.

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