Voir plus iiaut, p
190 OUG.VXISATION DE L L'XIVERSITK IMl'KRIALl'
lenipire, tendront sans relâche à perfectionner renseignement dans tons les genres, à favoriser la composition des ouvrages classiques; ils veilleront surtout à ce que l'enseignement des sciences soit toujours au niveau des connaissances acquises, et à ce que l'esprit du système ne puisse jamais en arrêter les progrès ».
Voilà les i< bases > générales, où, comme on le voit, un peu de l'esprit de la Révolution subsiste, mêlé au despotisme.
Si maintenant nous passons en revue, dans la charte de l'Université impériale, les trois ordres d'enseignement, nous ne voyons point l'enseignement primaire à une place d'honneur. C'est dédaigneusement, à la fin d'une énumération, que le décret du 17 mars 1808 rélègue « les petites écoles, écoles primaires, où l'on apprend à lire, à écrire et les premières notions de calcul ». Cependant le même décret annonce des. mesures pour que, si restreint qu'il soit, l'art de cet enseignement « ne soit exercé désormais que par des maîtres assez éclairés pour communiquer facilement et sûrement ces premières connaissances nécessaires à tous les hommes ». Et le décret ajoute aussitôt : <( A cet effet, il sera établi auprès de chaque Académie, et dans rintérieur des collèges ou des lycées, une ou plusieurs classes normales, destinées à former des maîtres pour les écoles primaires. Un y exposera les méthodes les plus propres à perfectionner l'art de montrer à lire, à écrire et à chiffrer. » Consacrant la collaboration d(>s Frères des écoles chrétiennes, (]o\:i
L KXSEIGXE.MKXT ^91
demandée et acquise, le décret disait qu'ils « seraient brevetés et encouragés par le grand-maître, qui viserait leurs statuts intérieurs, les admettrait au serment, leur prescrirait un habit particulier, et ferait surveiller leurs écoles ». Leurs supérieurs « pourraient être membres de l'Université ».
Pour l'enseignement primaire, il n'y avait donc, dans l'organisation de l'Université impériale, d'autre nouveauté que cette promesse de créer des « classes normales », promesse qui, d'ailleurs, ne ("ut pas tenue.
Dans l'enseignement secondaire, les nouveautés n'étaient guère plus considérables. L'enseignement do l'histoire et celui de la logique étaient, on la vu, ajoutés au programme des lycées. Les écoles secondaires tenues par les communes prenaient le nom de collèges. L'enseignement de ces collèges devait être moins Complet que celui des lycées : « éléments des langues anciennes, premiers principes de l'histoire et des sciences ». Cette réglementation s'appliquait aux maisons privées ; dans les « institutions », l'enseignement devait se rapprocher de celui des collèges; dans les « pensions » les études devaient être « moins fortes » que dans les institutions.
Pour l'enseignement supérieur, on laissait en dehors de l'Université le Collège de France, les écoles spéciales et de service public, à l'exception des douze Écoles de droit et des douze Écoles de médecine, qui, incorporées à l'Université, prenaient le nom de Facultés, et continuaient à être régies par les lois qui les avaient organisées.
Mais il était créé trois autres ordres de Facultés :
1° Des Facultés de théologie : les unes seront catholiques, et il y en aura autant que d'églises
métropolitaines, avec des professeurs nommés par le grand-maître, parmi trois candidats présentés par Tévêque ou archevêque, avec l'intervention des Facultés elles-mêmes (dispositions obscures): les autres seront protestantes, au nombre de deux : Tune à Strasbourg, Tautre à Genève.
2° Des Facultés des sciences : il y en aura une auprès de chaque lycée, chef-lieu dune académie. « Le premier professeur des mathématiques du lycée en fera nécessairement partie. Il sera ajouté trois professeurs, l'un de mathématiques, l'autre d'histoire naturelle et le troisième de physique et de chimie. Le proviseur et le censeur y seront adjoints. L'un des professeurs sera doyen. A Paris, la Faculté des sciences sera formée de la réunion de deux professeurs du collège de France, lie deux du Muséum d'histoire naturelle, de deux de l'École polytechnique, et de deux professeurs de mathématiques des lycées. »
3° Des Facidtés des lettres : placées de même, chacune sera composée du professeur de belles-lettres du lycée, et de deux autres professeurs. Le proviseur et le censeur pourront leur être adjoints, mais non être doyens. A Paris, la Faculté des lettres sera formée de trois professeurs du Collège de France et de trois professeurs de belles-lettres des lycées.
Toutes ces Facultés ont pour objet « les sciences approfondies et la collation des grades >\ qui sont le baccalauréat, la licence, le doctorat. Dans la pratique, on le verra, cette collation des grades fut le principal objet de l'activité des Facultés des sciences et surtout des Facultés des lettres.
Quant à l'enseignement supérieur privé, on a vu que quiconque voulait faire un cours public devait
payer un droit annuel à TUniversité '. Mais il ne suffit pas de payer ce droit : on dut obtenir une permission, comme le montre, dans le registre du Conseil de l'Université, cette délibération du 30 mai 1809 : '< M. de Jussieu demande qu'il soit inséré dans les papiers publics un avis portant qu'il ne peut être fait de cours public par des individus, même gradués, sans une permission du grand-maître, donnée sur le rapport du recteur ou du vice-recteur de la Faculté à laquelle ressortit le cours que l'on se propose de Caire. Cette demande est approuvée. »