Cuvier, article Fourcroy dans la Biographie Michaud
3. D'après Sainte-Beuve (Notice sur Fontanes, en tête des lEuvres. 1839), Fourcroy et le ministre de Tlntérieur, d'accord avec Arnault, seraient entrés en conflit avec Fontanes, qui aurait oITert trois fois sa démission. A quel sujet? Sainte-Beuve ne le dit pas nellement. Sans doute le ministre de l'intérieur parut tarder ;i « passer » les Facultés de médecine et de droit à 1 Université. .Mais il ne semble pas qu'il y ait eu « conflit ».
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disgrâce, il en fut malade de chagrin, surtout quand il ne se vit pas compris dans la liste des premières dotations que Napoléon accorda aux conseillers d"État. Un de ses contemporains, probablement Arnault, a 6crit : « 11 tomba dès lors dans une mélancolie que ses amis essayèrent en vain de combattre. L'un d'eux, c'était Corvisart, le compagnon de toutes ses études, pensant qu'un remède moral pouvait seul guérir une maladie morale, se détermina à parler de l'état de Fourcroy à Napoléon, dont il était médecin. Saisissant le moment où ce prince paraissait douter que le chagrin fût une maladie mortelle, vérité qui depuis ne lui a été que trop démontrée : « Oui, sire, « on meurt de chagrin, lui dit-il avec l'accent le plus « affirmatif, et je connais quelqu'un qui, dans ce « moment, se meurt de cette maladie. — Et qui donc? « réplicjua vivement l'empereur. — C'est Fourcroy, « sire. — Vous croyez?... Mais rassurez-vous, je me « suis occupé de sa guérison. » En effet la dotation (de 20 000 francs de rente) qu'il avait faite à Fourcroy était signée depuis plusieurs jours. « Allez le voir, « ajouta-t-il, et vous me rapporterez de ses nouvelles. » Pendant cette conversation, Fourcroy expirait ^ » C'est le 16 décembre 1809 qu'il mourut, d'une attaque d'apoplexie foudroyante, « dans le moment où il signait des dépêches- ».
1. Biographie nouvelle des contemporains. On ne se gônait pas pour dire tout haut, sous Napoléon même, que c'était cette disgrâce qui avait tué Fourcroy. On lit en efTet, dans son Eloge, par Palisol de Beauvois : " M. Fourcroy s'attendait à une nouvelle élévation; il se crut disgracié... Sa gaité actuelle l'abandonna; ctiacjue jour on remar(iuait dans ses traits une altération sensible. Enfin, il succomba sous le poids, d'autant plus accablant, de ses douleurs qu'elles étaient concenlrées. «