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204 ADMINISTRAÏIOX CENTRALE

un décret du 19 mars 1808 lui avait accordé 10 000 francs de rente sur les biens réservés en Westphalie. Le 27 décembre 1809, il lui fut ordonnancé une somme de 100 000 francs pour les dépenses extraordinaires qu'il avait eues à faire, pendant cinq ans, comme président du Corps législatif '. L'empereur le fit comte de l'empire en mai 1808 2. Surtout, il lui donna toute liberté, tout pouvoir pour l'organisation du personnel : «Vous êtes responsable, lui dit-il, je vous fais chef d'ordre. Choisissez vos hommes; cela vous regarde^. »

L'empereur le traitait en ami, tâchait de le séduire par des avances, presque des coquetteries, comme quand il lui disait, le 19 septembre 1808 : (( Fontanes, savez-vous ce que j'admire le plus dans le monde? C'est 1 impuissance de la force pour organiser quelque chose. — Il n'y a que deux puissances dans le monde, le sabre et l'esprit. J'entends par l'esprit les institutions civiles et religieuses. A la longue, le sabre est toujours battu par l'esprit ^ » La conversation de Fontanes plaisait à Napoléon, au point qu'il lui avait donné les <i petites entrées ». Trois fois par semaine, le soir, le grand-maître allait causer aux Tuileries.

Sainte-Beuve, qui rapporte ce trait, d'après une « note précieuse », évidemment trouvée dans les

1. Ce renseignement nous a été obligeamment communiqué par M. Ch. Sclimidt.

2. Voir Campardon , Liste des membres de la noblesse impériale. On remarquera que cette nomination est un peu postérieure à celle de Fourcroy, dont on voulut sans doute ménager ainsi l'amour-propre.

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