Correspondance, t. XX, n
FONTANES GRAND-MAITRF. SA DEMI-TRAHISOX 209
annuler cette nominatioji. Dites au grand-maître que c"est avec les préfets quil doit correspondre, et non avec les évêques, et ne pas faire de l'instruction publique une affaire de coterie et de religion. Pourquoi a-t-on ôté de cette place un professeur instruit pour y mettre un fanatique? » Fontanes dut céder : il écrivit au préfet quil allait transférer labbé de Galonné « dans une ville où Ton n'aurait plus les mêmes inconvénients à redouter de Tesprit de parti ■ ».
On voit aussi que Fontanes chercha à plaire au clergé par une mesure générale, qui était un retour à l'ancien régime. Il eut l'idée, au début de l'Université, d'exiger des candidats aux fonctions universitaires qu'ils demandassent aux curés des certificats de moralité. Napoléon écrivit au ministre de l'Intérieur, avec une visible irritation : « Dans un pays où tous les cultes sont tolérés, les curés ne doivent pas être admis à donner des certificats de moralité aux membres de l'Université. On m'assure que, selon l'ancien usage, ces certificats sont exigés par le grand-maître. Le grand-maître doit employer ses agents pour être instruit, et non des agents étrangers à son administration -. >
C'est par le ministre de l'Intérieur que l'empereur transmettait ces blAmes au grand-maître, et on a vu que, pour certains cas, le décret du 17 mars 1808 plaçait ce
1. Cil. Scliniidt, p. 23. L'Alinanach de LTuivcrsilé pour 1810, p. 252, laisse en blanc le nom du principal du collège de Quimper. L'almanach pour 1812, p. 247, indique M. Gouby. Le changement fut donc réellement elTectué. Où fut envoyé l'abbé de Galonné? Je l'ignore. Son nom ne ligure pas, dans l'almanach pour 1812, parmi ceux des principaux de collège de l'Académie de Rennes.