‹ Napoléon Ier et son tempsChapitre 106 sur 389 · RETRAITE DE SIEYES ET DE ROGER-DUCOS · texte numérisé non relu

RETRAITE DE SIEYES ET DE ROGER-DUCOS

mourut en 1837), il ne joua plus qu'un rôle effacé. Mais , quels que soient les reproches qu'on peut faire à son esprit ou à son caractère, il est certainement un des hommes qui ont le plus agi sur leur temps. Son

fig. 93. — Portrait dc« trois premiers consuls. D'après une gravure du tempe.

influence prépondérante se trouve dans la plupart des grands actes qui ont constitué la France moderne ; la transformation des États généraux en Assemblée nationale, l'abolition des privilèges, la formation de l'imité administrative de la France et enfin dans la constitution de l'an VIII qui, d'ensemble, devait être si peu durable, l'établissement

SAPOLEOX I".

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du Conseil d'État, chose qui suffirait à lui assurer luie grande place dans notre histoire.

Napoléon, qui le prétendait tout à fait impropre au gouvernement, et pour cause, reconnaissait qu'il était très utile à consulter et qu'il avait des points de vue lumineux et d'une grande importance dans les crises les plus sérieuses. C'est que, d'après le jugement de Mallet du Pan, « il n'était pas seulement un métaphysicien politique, un manufacturier de constitutions. Fertile en découvertes d'exécution, ne concevant point de plan chimérique alors qu'il fallait agir, sachant se taire et attendre, et alliant la dextérité à la constance, personne n'a mieux su conserver de l'empire sur lui-même et eu obtenir sur les autres. » Il l'avait bien montré au 18 brumaire ; mais , cette fois , il avait trouvé son maître.

Quant à Roger-Ducos, il fut, comme Sieyès, sénateur, grand officier de la Légion d'honneur et comte. Il reçut aussi un château, le château d'Amboise. Ce fut un malheur pour l'art et pour l'histoire. Il s'attacha, en effiet, à détruire les élégantes croisées de la Renaissance pour avoir des fenêtres bien carrées, à couvrir d'un plâtre bien horizontal les plafonds sculptés des pièces les plus belles. Bref, décidé à avoir quelque chose de tout à fait classique, il ne laissa à peu près intact que les étages supérieurs et les communs : ils ne valaient pas un pareil perfectionnement. Le vandalisme de la mode et du faux goût est plus dangereux que le vandalisme barbare, car il agit plus méthodiquement. Roger-Ducos ne s'en tint même pas là; soit pour ne pas faire des dépenses d'entretien, soit pour rendre son jardin plus régulier, il n'hésita pas à mettre à bas la plus importante des deux chapelles qui se trouvaient sur la terrasse d'un château dominant la Loire. Et cependant, ce monument, en dehors même de sa destination, devait être doublement sacré, et parce qu'il était un chef-d'œuvre de la renaissance et parce qu'il renfermait la dépouille d'un des hommes qui ont fait le plus d'honneur à l'humanité, Léonard de Vinci.

Sieyès et Roger-Ducos furent remplacés par Cambacérès et par Lebrun. C'étaient tous deux des hommes de sens et connaissant bien l'administration, mais qui ne pouvaient porter aucun ombrage à Bo-

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