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TRAITÉ! D'AMIENS. — GLOIRE DE LA FRANCE

sociales. Elle adopta une constitution analogue à notre constitution de l'an VIII.

Les principaux éléments de cette constitution étaient :

1" Un président et un vice-président élus pour dix ans ; 2" une Consulte d'État servant de lien entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif; 3° un Corps législatif ; 4" Un tribunal de censure politique. Ce qu'il y avait de plus original, c'était la division du corps électoral en trois collèges se recrutant eux-mêmes : propriétaires, clercs et lettrés (professions libérales), négociants.

« A défaut d'un Italien assez accrédité, assez grand par ses services pour s'imposer aux rivalités locales toujours si puissantes au delà des Alpes, la présidence fut déférée au Premier Consul Bonaparte (1). Ill'accepta, et adressa aux députés avant leur séparation ces sages et énergiques paroles : Je conserverai pendant tout le temps que les circonstances l'exigeront la grande direction des affaires. Vous n'avez que des lois particulières ; il vous en faut des générales. Votre peuple n'a que des habitudes locales, il faut qu'il prenne des habitudes nationales. Enfin, vous n'avez point d'armées, les puissances qui pourraient devenir vos ennemies en ont de fortes ; mais vous avez ce qui peut les produire, une population nombreuse, des campagnes fertiles, et l'exemple qu'a donné, dans toutes les circonstances essentielles, le premier peuple de l'Europe. »

La République ligurienne et la République de Lucques furent également réorganisées. A Gènes, Nai)oléon fit nommer Jérôme Durazzo ; puis, faisant là, comme en France et à Milan, son noble métier de pacificateur, il fit relever la statue de Doria à Gênes et en accepta une pour lui-même à Sarzane, où habitait la famille Bonaparte avant de s'établir en Corse.

L'Angleterre, que ces nouveaux changements politiques commençaient à mécontenter, ne signa le traité définitif que le 25 mars 1802 (4 germinal an X). Le traité d'Amiens était conforme aux préliminaires de Londres. L'Angleterre reconnaissait formellement nos acquisitions continentales. Elle reconnaissait aussi l'existence des républiques que nous avions fondées. Elle nous rendait les colonies qu'elle nous avait prises et ne gardait que l'île espagnole de la Trinité et l'île hollandaise de Ceylan. Le Cap était rendu aux Hollandais, Malte devait être restituée à l'ordre des chevaliers. Fidèle à ses habitudes, la Porte,

(1) Melzi fut vice-président.

avec laquelle cependant nos sujets de discussion étaient bien moins graves, ne signa (jue plus tard encore, le 25 juin.

Mais on savait dès la fin de l'année précédente que la paix était obtenue , et la fête qui fut donnée au 18 brumaire pour célébrer la pacification générale avait été l'occasion d'une manifestation éclatante de la satisfaction publique. Déjà Paris était rempli d'Anglais, qui venaient avec empressement voir la France nouvelle. Parmi eux se trouvaient Cornwallis et Fox. Tous s'étonnaient de trouver la France si différente de ce qu'ils se la figuraient d'après ce qu'en disaient les émigrés.

Jamais, à aucune époque de son histoire, notre pays n'avait atteint un pareil degré de grandeur et de puissance.

Ayantpartout atteint ses limites naturelles, défendue par le Rhin, les Pyi'énées et l'Océan, maîtresse des passages des Alpes, maîtresse d'Anvers, dominant à Amsterdam et au Helder, comme à Gênes, appuyée sur la Hollande, l'Espagne, la haute Italie, objet des empressements de la Prusse et des petits Etats de l'Allemagne, qui attendaient tout de son intervention pour les sécularisations qui se préparaient, respectée ou crainte des autres puissances, estimée de tous, elle exerçait à l'égard de l'Europe une suprématie qu'elle avait à peine connue aux plus beaux temps du règne de Louis XIV.

Voilà le résultat que le gouvernement consulaire avait obtenu en moins de trois ans. Et cependant ce n'était là que la moitié de son oeuvre. La pacification intérieure de la France était une tâche non moins utile et non moins glorieuse. Napoléon n'avait jamais cessé de s'en occuper depuis le premier jour; mais, la paix extérieure assurée, il allait la compléter par le Concordat et le Code civil.

i.A ci rAlK>DdmK-e eous le goure rut-meiit consulaire ra)ipellt.-iu ou Fraïui.' 'n.-5 Leilivji, k» ytiuiLCt^, ie Luuunerce (Jt les Arts. Gravure de la collection Henniu. *

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