AMNISTIE. — TRAVAUX PUBLICS. — BEAUX-AETS
nistie pleine et entière à tous les émigrés qui seraient rentrés avant le l*"" vendémiaire an XI et prêteraient serment de fidélité au gouvernement. Il n'était fait d'exception que pour certaines catégories exactement déterminées, et encore le nombre total des exclus ne pourrait dépasser mille.
Fig. 129. — Atala. Tableau de Gautherot.
A voir tant de grands travaux législatifs qui assuraient l'avenir et les intérêts généraux du pays, on aurait compris que l'administration proprement dite se contentât de la besogne courante. Jamais, au contraire, elle ne fit davantage. Sans parler de nombreux règlements utiles, il y a peu de périodes de notre histoire où l'on ait plus fait pour les travaux publics.
Réunir les versants par des canaux ou des routes fut un des soins constants de Xapoléon. Il avait ordonné la création de la route du Simplon dès qu'il eut fondé la République cisalpine. Après la paix de Lunéville, le général Turreau reçut l'ordre de
porter son quartier général à Domo d'Ossola, au pied du Simplon, pour surveiller les chantiers et aider les travailleurs avec ses soldats. Bientôt on y vit 30.000 ouvriers. Les travaux durèrent de 1801 à 1807. Il fallut construire six cent treize ponts, vingt maisons de refuge, huit galeries murées. La route du Mont-Cenis fut construite de 1802 à 1805, sous la direction de Fabroni. Deux hospices, succursales du Saint-Bernard, furent établis sur ces deux routes. La loi du 24 ventôse an IX (15 mars 1801) décrète la construction à Paris de trois ponts, qui furent : le pont des Arts (1802-1804), le pont de la Cité (1801-1804), entre l'île Saint-Louis et la Cité, le pont d'Austerlitz (1802-1807) (1). On commença à déblayer le quartier des Tuileries. L'hôtel de Brionne et les autres bâtiments trop voisins du palais disparurent. Les canaux de l'Ourcq, de Saint-Quentiu , de Nantes à Brest sont entrepris. Le Premier Consul se rendit de sa personne à Saint-Quentin, pour décider entre les ingénieurs, qui étaient divisés d'opinion sur le tracé à suivre. Le canal de Saint-Quentin est le premier où l'on ait eu recours à un tunnel pour passer d'un versant à l'autre. De nombreux établissements militaires furent fondés à Alexandrie. Napoléon faisait travailler aux fortifications de Quiberon, de Belle-Isle, de l'île d'Yeu. Le fort Boyard était commencé d'après ses propres plans, de grands travaux entrepris à Cherbourg, à Anvers. Il projetait de fonder, à l'exemple des Romains, des colonies militaires en Italie et sur les bords du Rhin, en distribuant aux vétérans des terres^prises sur le domaine national. Pour prévenir de nouveaux troubles en Bretagne, il voulait y construire de nouvelles villes, y ouvrir de nouvelles routes, établir aux principaux passages des montagnes ou des forêts , des tours surmontées d'une pièce d'artillerie montée sur pivot. Ces tours poun-aient contenir une garnison d'une cinquantaine d'hommes et servir d'appui aux colonnes mobiles.
La nation s'associait à l'activité de son gouvernement : les arts, qui, nous l'avons vu, s'étaient soutenus pendant le Directoire , continuaient à produire des oeuvres dont plusieurs marquent dans l'Ecole française. Pour ne parler que de la peinture , Guérin exposait Phèdre et Hippohjte (1802); Gros, Sapho à Lencade et le portrait équestre du Premier Consul; Girodet, le Fingal aujourd'hui à Munich (1802) ; Gautherot, Le Convoi d' Atala (1802); Hennequin, Les liemords d' 0reste. David faisait, en l'an VIII, une exposition particulière du tableau des Sahines, qui lui rapportait plus de 56.000 francs.
Les sciences sont dans tout leur éclat et la littérature devient plus sérieuse et plus élevée.
(1) Le pont des Arts est le premier en date des ponts de fer de Paris. Le second fut le pont d'Atisterlitz; mais on fut obligé de le reconstruire en pierre en 1854.