‹ Napoléon Ier et son tempsChapitre 170 sur 389 · NAPOLEON ROI D'ITALIE · texte numérisé non relu

NAPOLEON ROI D'ITALIE

ronner à Milan et, aux acclamations des assistants, posa sur sa tête la Couronne de fer (1) des rois lombards, qui n'avait pas été portée

Fig. 140. — l'êtes du sacre' et counjimiumit ilc LciUb .Mujest-s Imp< rialea . Vue du trône élevé dans la nef de la cathédrale de Paria , k l'instant où l'Empereur prononce le serment constitutionnel sur le livre des Évangiles. D'après un dessin et une gravure de Le Cœur.

depuis Charles-Quint. Napoléon confia la vice-royauté de l'Italie au

(1) La Couronne de fer est un large cercle d'or massif oraé de pierreries et garni à l'intérieur d'une bande de fer faite d'un clou de la vraie Croix que l'impératrice Hélène avait rapporté de Palestine. Cette couronne est conservée dans la cathédrale de Monza. Transportée par les Autrichiens à Mantoue en 1859, elle a été rendue à l'Italie en 18li(i.

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prince Eugène, et il s'occupait à organiser le pays, lorsque, s'apercevant que l'Autriche concentrait ses forces sur l'Adige, et craignant qu'une coalition ne fût formée contre la France, il s'empressa de rentrer à Paris pour hâter les préparatifs de sa descente en Angleterre (juin 1805), dont on attendait en France l'issue avec anxiété. Cette guerre était alors aussi populaire que celles de la fin de l'Empire devaient l'être peu. La haine des Anglais était la plus haute expression du patriotisme. Un noble breton, enflammé par l'exemple de son comiiatriote Duguay-Trouin , aliéna ses propriétés et abandonna sa famille pour fréter un brick et donner la chasse aux Anglais. Les lettres et les arts tenaient à honneur de participer à ce mouvement. Lors de la réception de Parny à l'Académie française (28 décembre 1803), Fontanes avait terminé la séance par la lecture d'un chant de guerre contre les Anglais. La récitation était mêlée de choeurs et de dialogues chantés dont l'illustre Paisiello avait fait la musique. L'année suivante, Joseph Chénier publiait une ode qui exprimait sous une forme classique les sentiments dont la France était animée :

Ne posez point le glaive, enfants de la Victoire, Des Alpes et du Ehin les rapides héros , Tant qu'il reste à cueillir quelque moisson de gloire, N'ont jamais besoin do repos.

La liberté vous luit : les deux mondes adorent De ce soleil nouveau les rayons bienfaiteurs ; Contre im peuple tyran tous les peuples implorent Vos étendards libérateurs.

Sept camps avaient été formés sur les côtes de la Manche, dans le voisinage de Boulogne. Plus de 160.000 hommes y étaient rassemblés ; 1.800 bateaux plats étaient prêts pour la transporter.

Napoléon aurait pu profiter d'une invention faite récemment par Fulton. Il ne s'agit pas des bateaux à vapeur qui ont rendu son nom célèbre, mais d'un appareil sous-marin qu'il appelait iorijedo. C'est la première forme des torpilles. Fulton avait fait, dans le courant de 1801, des expériences très curieuses à Brest, restant jusqu'à quatre heures sous l'eau avec son appareil pour reparaître à cinq lieues du point où il s'était enfoncé. II avait même fait sauter une chaloupe et menacé plus d'un vaisseau

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