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PITT FORME LA TROISIÈME COALITIOX

Ce traité fut conclu à l'insu de Napoléon, qui avait rappelé son ambassadeur Hédouville après l'affaire du duc d'Enghien.

L'empereur d'Autriche, François I", conclut avec l'Angleterre un traité d'alliance aux mêmes conditions que le czar.

La coalition ainsi formée se fortifia de l'adhésion du roi de Suède, Gustave IV, qui avait refusé de reconnaître M. Buonaparte et voyait en lui la bête de l'Apocalypse : il s'engageait à envoyer 20.000 hommes en Poméranie. La cour de Naples, toujours aussi perfide, s'entendait en secret avec nos ennemis, en même temps qu'elle obtenait des Français l'évacuation de son territoire à la condition de garder la neutralité. La Prusse continuait à suivre la politique de neutralité qui lui avait si bien réussi. Elle refusait de prendre le Hanovre, que nous lui offrions de garder en dépôt, mais n'en refusait pas moins aux coalisés le concours d'une armée qui vivait toujours sur sa vieille réputation. La France n'avait pour alliés que les républiques qu'elle avait organisées et l'Es-

Fig. 143. — L'Eu,, , j.^tit costume.

Dessiné par Isabcy et Percier.

pagne. Le brigandage des Anglais avait enfin contraint Godoï à se jeter dans l'alliance de Napoléon , après l'enlèvement par une escadre anglaise de quatre galions chargés de 32 millions de piastres (5 octobre 1804). Le 12 décembre, l'Espagne mettait à notre disposition 32 vaisseaux de ligne.

L'Autriche, étant la j^remière prête des puissances coalisées, concentra rapidement ses troupes sur l'Adige. Voici quel était le plan que l'état-major autrichien avait combiné avec le général russe Wintzingerode. Trois armées autrichiennes devaient prendre l'offensive sur l'Adige, dans le Tyrol et en Bavière. Les Russes devaient mettre également sur pied trois armées, la première pour appuyer l'armée autrichienne de Bavière, la seconde pour envahir avec les Anglais le royaume de Naples, la troisième pour descendre avec les Suédois en Poméranie. Une quatrième se concentrait en Pologne pour menacer la Prusse et la contraindre à adhérer à la coalition.

Ces armées entrèrent en campagne au moment où, par un fatal concours de circonstances et par les fautes de l'amiral Villeneuve, les plans maritimes de Napoléon échouaient complètement.

L'amiral Missiessy, parti le premier, jeta des troupes et des approvisionnements dans les Antilles françaises, leva des contributions de guerre sur les îles anglaises, puis, ne trouvant aucun vaisseau des autres escadres , rentra en France. L'amiral Ganteaume , bloqué par les Anglais, ne put quitter Brest. Quant à Villeneuve, que Nelson guettait aux abords . de la Sardaigne, il réussit à franchir le détroit de Gibraltar sans rencontrer l'ennemi; il rallie l'escadre de l'amiral Gravina, ravitaille la Martinique, inquiète la Barbade et se décide à rentrer en France, pour aller prendre position dans la Manche. Nelson, qui avait d'abord été trompé sur sa direction, le suivit à quelques jours de distance, et, de son côté, ravitailla les Antilles anglaises.

Pendant ce temps, la flottille se concentrait à Boulogne et dans les ports voisins, au nombre de plus de deux mille bâtiments, sous les ordres des amiraux Lacrosse, Courand, Savary, Verhuell. Cent mille soldats, sous les maréchaux Lannes, Davoust, Soult et Ney, appuyés par une réserve de 27.000 hommes sont prêts à s'em-

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