‹ Napoléon Ier et son tempsChapitre 174 sur 389 · PRÉPARATIFS DU, CAMP DE BOULOGNE · texte numérisé non relu

PRÉPARATIFS DU, CAMP DE BOULOGNE

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barquer. Aux Pays-Bas, Marmont a 20.000 soldats que prendra l'escadre du Texel. La division navale de Villeneuve aurait sans doute suffi, à elle seule, pour rendre le débarquement possible : elle n'arriva pas, et l'Angleterre fut sauvée. Villeneuve, en effet, se trouvait à la hauteur du cap Finistère, lorsqu'il rencontra une flotte anglaise qui lui barrait le passage : c'étaient les vaisseaux de l'amiral Calder, qui avait levé précipitamment le blocus de Vigo et du Ferrol pour couper Villeneuve de ses communications avec les ports de France. A la faveur de la brume, les Anglais nous prennent deux vaisseaux, et Villeneuve, découragé de cet insuccès dont il s'exagère la portée, relâche à la Corogne, où il perd plusieurs joui's et donne à Nelson le temps d'arriver des Antilles.

Nelson, après avoir mouillé à Gibraltar, s'était dirigé vers le nord et avait rallié l'escadre de l'amiral Collingwood. Avec un peu plus de décision et de promptitude, Villeneuve aurait pu certainement gagner Rochefort ou Brest; mais il était mal renseigné sur les positions de l'ennemi, il se croyait menacé au nord par une flotte considérable et craignait, en obéissant aux ordres précis qu'il avait reçus, de marcher au-devant d'un désastre.

Napoléon ne j^erdait pas de vue ce qui se passait en Europe, mais il n'entendait pas pour cela se détourner de son grand projet si fortement conçu et si soigneusement préparé. Il sait que la guerre est au moment d'éclater sur le continent : l'offre hypocrite de médiation que lui fait l'Autriche en réponse à ses demandes d'explications sur ses armements ne lui laisse pas de doute à cet égard. Raison de plus pour exécuter au plus tôt sa descente en Angleterre. Tout a été prévu et calculé ; il ne demande pas même la victoire à ses marins, il ne demande que le combat. L'implacable ennemie de la France sera enfin frappée au cœur. Par là, la coalition sera à jamais dissoute. Il donne l'ordre à Villeneuve d'accourir coûte que coûte dans la Manche pour occuper pendant une journée la flotte anglaise, tandis que la flottille de Boulogne franchira le détroit. Mais tout à coup il apprend, le 13 août, à son quartier général du Pont de Briques, que Villeneuve est allé se réfugier à Cadix.

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