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ALLIANCE AVEC LA BAVIERE

Ainsi la Bavière et les États allemands du Rhin se trouvaient ramenés à leur ancienne politique d'alliance française contre la maison (l'Autriche. On se serait cru revenu au temps de Mazarin et de Marie- Thérèse. Pas plus à l'intérieur que pour les affaires extérieures, les événements de la Révolution française n'avaient rompu toutes les traditions et, le temps des troubles passé, on pouvait déjà s'apercevoir

Fig. 147. — Mack à liout. Caricatnre de l'époqae.

que c'était en grande partie avec les anciens matériaux que le nouvel édifice avait été construit.

Pendant ces négociations, les Autrichiens étaient arrivés sur l'Iller; les Russes, sous Kutusof, se dirigeaient, en montant le Danube, vers la haute Autriche. L'Autriche avait commis la faute, qui plus d'une fois lui coûta si cher, de compromettre la sécurité même de l'empire en Allemagne pour envoyer en Italie des forces considérables. Son meilleur général, l'archiduc Charles, se trouvait avec 100.000 hommes dans le bassin du Pô. Napoléon avait décidé qu'il se bornerait à la défensive en Italie, et avait opposé à l'archiduc Charles Masséna et 50.000 hommes auxquels devait se joindre Gouvion Saint-Cyr, qui avait évacUé le royaume de Naples. Mais l'Empereur admettait

que, pour la défensive, 50.000 Français suffisaient à tenir tête à 100.000 Autrichiens.

Mais toute la Grande Armée devait envahir la vallée du Danube. Les troupes qu'elle rencontra devant elle étaient, à sa droite, dans le Tyrol, l'armée de l'archiduc Jean, forte de 40.000 hommes, et, dans le voisinage d'Ulm, celle de Mack et de l'archiduc Ferdinand.

Cependant l'armée française exécutait avec une admirable précision les ordres du 27 août. Le premier corps (Bernadotte) quitta le HancsTC, laissa garnison à Hameln et se joignit à l'armée bavaroise à Wurtzbourg. Le deuxième (Marmont) partit de Zeist, en Hollande, et se dirigea vers Mayence ; les troisième, quatrième, cinquième, sixième et la réserve de cavalerie (Davout, Soult, Lannes, Xey, Murât), qui formaient le camp de Boulogne, marchaient également vers le Rhin pour le passer depuis Manheim jusqu'à Strasbourg. Le septième (Augereau), parti de Brest, devait servir de dernière réserve et arriver sur le fleuve à Huningue. Tandis que Murât et Lannes, qui ont passé' à Kehl, menacent les défilés de la forêt Noire centrale, et attirent de ce côté l'attention des Autrichiens, plus au nord, derrière ce rideau qui les cache à l'ennemi, Nej, Soult, Davout passent à Lauterbourg, Spire, Manheim, pénètrent dans la vallée du Neckar et déterminent les souverains de Bade et de Wurtemberg à signer un traité d'aDiance qui nous donne 16.000 hommes. En deux jours 180.000 hommes s'étaient échelonnés de Kehl à "Wurtzbourg sur le flanc droit des Autrichiens. Lorsque le mouvement est achevé, Lannes et Murat filent à leur tour sur Stuttgard, et rejoignent le corps de Ney, laissant les Autrichiens les attendre au sud de la forêt Noire. Une fois dans le bassin du Neckar, les affluents de droite de cette rivière, la Kocher, la Jaxt, et surtout la Fils, offraient par leurs vallées autant de directions naturelles pour tourner la position d'Ulm. C'est ainsi que Napoléon savait appliquer non pas seulement l'étude détaillée de la carte mais les traits généraux de la géographie d'un pays à la grande guerre. Napoléon restait à Strasbourg, poursuivant ses négociations, surveillant les mouvements de ses corps d'armée et trompant l'ennemi par son séjour même. Mais, le 17 octobre, il jugea, sur les derniers rapports de Murat, que ses prévisions étaient réalisées, que Mack était définitivement abusé et que le succès était certain. Ségur, qui était un des officiers de son état-major, reçut l'ordre de le précéder à Ettlingen puis à Ludwigsbourg. « Lorsque j'allai prendre congé de Fimpératrice, raconte-t-il dans ses Mémoires : « Partez, emportez mes vœux, me dit-elle, et « soyez aussi heureux que vont l'être l'armée et la France. » Alors, sur mon étonnement d'une assertion aussi positive : « N'en doutez pas, ajouta-t-elle, l'Empereiir vient de « m'annoncer que dans huit jours l'armée ennemie entière serait faite prisonnière iu- « faiUiblement. » C'était le l""" octobre ; le 8 octobre, en effet, Mack était entièrement tourné. »

Mack ne comprenait rien encore aux manœuvres' de la Grande

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