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SURPRISE DES POXTS DE VIENNE

HOLLABRUNX.

laissé occuper les ponts qui les reliaient. Mais le pont le plus important, celui du grand bras, était miné, et le comte d'Anersperg, avec de l'artillerie et 7 ou 8.000 hommes, se tenait à l'entrée sur la rive gauche. Murât et Lannes font avancer leurs grenadiers derrière les plantations touffues des bords du fleuve, et avec quelques aides de camp se dirigent vers la tête de pont. Un artilleur qui les aperçoit se présente une mèche à la main pour faire sauter la mine. Le colonel Dode l'arrête : un armistice va être signé, et avant de rien entreprendre, il faut que les généraux français obtiennent une entrevue avec le comte d'Auersperg. Les canonniers autrichiens les conduisent vera leur

Fig. 153. — L'année française marchant sur Vienne traverse le défilé de Mœlk (10 noT. 1806). Mœée de Veisailles.

A droite K Toient les bâtiments da monastère, qui puMft ponr le plos riche de l'ÂlIcma^e et qui nourrit pendant six jours l'armée do Napoléon en 1809.

chef et ils ont avec lui une conférence sous la bouche même des canons ennemis. Pendant ce temps-là une colonne de grenadiers s'avance à la faveur du rideau d'arbres qui la cache aux Autrichiens. Mais, parvenue à l'entrée du pont, elle est aperçue par eux. A ce moment, dit-on, un sous-oiBcier s'approche du général comte d'Auersperg pour lui signaler la manœuvre des Français que son entretien avec Lannes, Murât et Bertrand l'avait empêché d'apercevoir. Mais Murât, se jetant devant le sous-officier avec indignation : « Comment, général, est-ce là cette discipline autrichienne si vantée ? permettrez-vous que le premier soldat venu vous adresse ainsi la parole et interrompe notre entretien ? » D'Auersperg fait signe de la main au sous-officier de s'éloigner et, quand son attention se porte enfin sur le pont, il était couvert de grenadiers qui déjà désannaient ses artilleurs. Il fut consterné, mais il n'y avait plus de remède et il dut battre en retraite au plus vite.

Napoléon s'était hâté de profiter de l'occupation des ponts du Danube pour porter au delà du fleuve Soult, Lannes et Murât, dans le dessein de couper la retraite à Kutusof et d'arriver avant lui à Hollabrunn, où les Russes comptaient rejoindre la route de Moravie. Le plan faillit réussir. Murât, accourant à marches forcées, put barrer en effet cette route à Kutusof. Il allait le couper de la seconde armée russe. Mais il se laissa tromper par ce général, comme il avait trompé lui-même ceux qui gardaient le pont de Vienne : Kutusof lui fit dire qu'im armistice venait d'être signé entre les belligérants. Murât ne fut pas même étonné de n'en n'avoir point été averti par Napoléon et suspendit sa marche. Quand il connut la vérité, il se jeta avec fureur sur l'arriëre-garde des Russes. Il n'était plus temps ; cette arrière-garde, composée seulement de 7 à 8.000 hommes, sous Bagration, combattit avec acharnement et se laissa écraser pour donner à Kutusof le temps de rejoindre le quartier général (18 novembre 1805). Les deux empereurs se trouvèrent alors à la tête de 60.000 hommes, sans compter l'armée de Ferdinand, qui insurgeait la Bohême, et celle de l'archiduc Charles, qui arrivait d'Itahe par la Hongrie.

Masséna, chargé d'abord de garder la défensive sur l'Adige, avait bientôt reçu l'ordre d'attaquer l'archiduc Charles pour l'empêcher d'envoyer des renforts à l'armée de Mack. Masséna avait donc enlevé la ville de Vérone et forcé les Autrichiens à se replier sur la hauteur de Caldiero, oùil leur avait tué G.OOO hommes sans toutefois les chasser de leur position (30 octobre). Mais l'archiduc, ayant reçu le lendemain la nouvelle de la capitulation d'Ulm, battit immédiatement en retraite jusqu'à Laybach, après avoir jeté garnison dans Venise. Masséna ne le poursuivit pas d'abord, parce qu'il était inquiet de l'arrivée dans le royaume de Naples d'une armée anglo-russe appelée par la reine Marie-Caroline. D'autre part, les affaires de Tyrol empêchaient Gouvion Saint-Cyr de se porter de nouveau dans l'Italie méridionale. Ney avait été chargé de chasser du Tyrol l'archiduc Jean et s'était emparé de Schamitz (7 novembre) et d'Inspruck. A la suite de ces événements, l'archiduc Jean s'était rapidement dirigé sur Klagenfurth par le col du Brenner et le col de Toblach, pour y rejoindre son frère Charles.

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