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u traité de Presbourg devaient résulter, comme conséquences, de nouvelles conquêtes. Par un traité du 21 septembre 1805, la cour de Naples avait promis d'observer une exacte neutralité dans la lutte qui allait s'engager: avec les passions emportées et mobiles de la reine Caroline, on ne pouvait guère compter sur l'exécution sincère de ce traité.
Ea 1804 elle disait à notre représentant, M. Alquier, ces singulières paroles, dans le temps où elle était en coquetterie avec ce diplomate, qui avait un esprit vif et piquant joint à une verve parfois étincelante : « Assurément, il me serait pardonnable de ne pas aimer Bonaparte. Eh bien, je ferais volontiers quatre cents lieues pour le voir. Si j'osais me comparer à ce grand homme, je dirais que j'ai un sentiment commun avec lui, c'est l'amour de la gloire, mais il a poursuivi son objet en grand et il l'a obtenu, au lieu que moi j'ai cherché la gloire dans les buissons et je ne suis parvenue qu'à me piquer le bout des doigts. Quand vous lui écrirez, dites-lui que je ne
me lasse pas d'admirer l'adresse avec laquelle il a su profiter d'un temps où, Frédéric et Catherine ayant disparu du théâtre des affaires du monde, il n'y a plus sur les trônes de l'Europe que des imbéciles. »
Mais, l'année suivante, elle repoussait les propositions officieuses qui lui avaient été faites d'unir une de ses filles (la princesse Amélie, qui épousa plus tard Louis-Philippe) avec le prince Eugène, et Napoléon, dans la séance solennelle où l'ambassadeur de Naples venait le féliciter, après son couronnement en Italie, avait rappelé publiquement les crimes de la reine et lavait flétrie du nom de moderne Athalie.
Aussi lorsque les Russes et les Anglais, rassemblés à Malte et à Corfou, arrivèrent, le 20 novembre, dans le golfe de Naples, la cour ne simula pas même la résistance ; bientôt elle réunissait 60.000 hommes sous les ordres de Lascy et les envoyait vers le Nord. L'Empereur reçut la nouvelle quelques jours avant la bataille d'Austerlitz. Il contint sa colère jusqu'après la victoire. Mais le jour même où était signé le traité de Presbourg, il adressait à son armée ime proclamation foudroyante, où il déclarait « que la dynastie de Naples a cessé de régner ». Une armée de 45.000 hommes, sous le commandement nominal de Joseph Bonaparte, mais dirigée par Masséna, traversé l'Italie. Le roi quitte Naples pour se réfugier en Sicile, en livrant la ville aux lazzaroni , qui commettent tant d'excès que les bourgeois accueillent les Français comme des libérateurs. Vainement une petite armée anglaise débarque à Sainte-Euphémie et bat Reynier à Maïda ; vainement les Calabres se soulèvent sous la direction de Fra Diavolo et de Scarpa, fameux chefs de brigands à qui la reine a confié le soin d'organiser l'insurrection. Gaëte capitule devant Masséna. A cette nouvelle, les Anglais se rembarquent. Fra Diavolo, pris à Sora est décapité à Naples. Déjà Joseph avait été nommé roi de Naples par un simple décret impérial.
Une autre annexion du même genre et moins justifiée avait déjà eu lieu. La Hollande contenait les places fortes qui garantissaient notre frontière septentrionale, et elle possède les embouchures de l'Escaut, de la Meuse et du Rhin qui, surtout alors, étaient des fleuves français.
Pour ces raisons de convenance et quoique la Hollande fût toujours restée fidèle, il voulut, contrairement à ses vœux et à sa tradition historique, l'ériger en royaume. Une assemblée de notables, réunie à