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CONQUÊTE DE NAPLES. — PRINCES FRANÇAIS

cette occasion par le grand pensionnaire, fit entendre des plaintes aussi vives qu'inutiles, et « pour éviter de plus grands maux » demanda pour roi Louis Bonaparte , avec la garantie d'une charte constitutionnelle (1^'' juin).

Lorsqu'on créait ainsi des rois, on pouvait créer plus facilement encore des princes;

Fig. 167.

La r«lne Horteuae. D'après Regnaalt.

à sa sœur Élisa Baciocchi, à laquelle il avait déjà donné Lucques, dont la vieille constitution républicaine avait été abolie, et Piombino, il octroya Massa et Carrare. A Pauline, qui, après la mort du général Leclerc, avait épousé le prince Borghèse, Guastalla; à Murât, les duchés de Berg et de Clèves ; à Berthier, la principauté de Xeufchâtel. Enfin , « pour mettre un terme aux difficultés qui divisaient la cour de Rome et la cour de Naples au sujet des principautés de Ponte-Corvo et de Bénévent, il les érigeait en fiefs immédiats de l'Empire, en faveur de Bernadette et de Talleyrand. » C'était une application vraiment impériale de la fable de l'Huître et des Plaideurs ; il se réservait

en même temps des terres considérables dans les États vénitiens pour en former d'autres grands fiefs.

Si le traité de Presbourg avait fait de Napoléon l'arbitre de l'Europe, il l'avait fait plus particulièrement l'arbitre de l'Allemagne;

mais là , son intervention était réclamée, et elle fut utile à la fois à l'Allemagne et à la France.

Comme après Lunéville , l'Allemagne setrouvait,après Presbourg, dans une véritable anarchie, et les Etats puissants, tels que la Bavière, Wurtemberg, Bade, profitaient des remaniements territoriaux qui étaient la suite du traité, pour opprimer et dépouiller, sans le moindre souci de la justice, les Etats plus faibles. Aussi, parmi une partie des Allemands, se faisait-on à l'idée du rétablissement d'un em-

Fig. 168. — Louise- Augustine-Wilhelmine-Amélie de Mecklembourg-Strélitz, reine de Pnisse. D'après un dessin de Swebacb.

pire d'Occident en faveur du nouveau Charlemagne, qui les aurait protégés comme l'ancien. Le prince de Dalberg entretenait surtout Napoléon de ces idées. Napoléon comprit ce qu'elles avaient de chimérique ; mais il profita de ses sentiments pour former, sous la protection de la France, une Confédération du Rhin, qui établirait bien plus sûrement la suprématie de la France en Allemagne qu'un titre qui n'aurait d'autre résultat que d'augmenter les haines de nos rivaux et notre propre responsabiUté.

La Confédération organisée par Napoléon, Talleyrand, La Besnardière, comprenait les pays compris entre la Sieg, la Lalin, le Mein, le Neckar, le haut Dannbe, l'Isar et

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