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CONFÉDÉRATION DU RHIN. — MORT DE FOX

rinn. Elle était gouvernée par une diète, sous la présidence de rarcliichancelier Dalberg. La diète était composée de deux collèges, le collège des rois : rois de Bavière et de Wurtemberg, grands-ducs de Berg, de Bade, de Hesse-Darmstadt, et le collège des princes : les deux ducs de Nassau, les deux princes de HohenzoUern, les deux princes de Salm, etc. La noblesse immédiate et les villes libres étaient supprimées dans les limites de la Confédération. Nuremberg et Ratisbonne étaient données à la Bavière. En échange de Ratisbonne, Dalberg recevait Francfort.

Pour les contingents militaires, la France devait fournir 200.000 hommes et la Confédération 60.000.

Les confédérés notifièrent solennellement à la diète de Ratisbonne leur séparation de l'empire (1'^'" août 1806). La Confédération devait s'augmenter bientôt après des royaumes de W'estphalie et de Saxe, des principautés d'Anhalt, de Reuss, de Schwartzbourg, de Lippe.

Ainsi la France semblait se retrouver à l'égard de l'Allemagne daus la magnifique situation qu'elle avait après le traité de Westphalie :

la politique de Richelieu semblait renaître. On aurait tort de voir, dans cette ingérence si précise de la France en Allemagne, l'origine du grand mouvement antifi^nçais qui devait se manifester quelques années plus tard. Alors cette ingérence était demandée, et fut

acceptée en général avec reconnaissance. Confondre les sentiments de l'Allemagne occidentale en 1806 et 1813, c'est comme si l'on affirmait que les sentiments allemands à l'égard du gouvernement de Louis XIV étaient les mêmes au moment où Mazarin formait la première Confédération du Rhin (1C58) et alors que,^rè8 les violences des chambres de réunion, se formait la ligue d'Augsbourg. Ou a dit aussi que cette Confédération du Rhin avait contribué à préparer l'unité de l'Allemagne qui nous a été si funeste : on l'a dit surtout depuis 1871. Mais c'est confondre encore les temps et les circonstances. L'intérêt de la France n'était pas de laisser subsister une multitude de petits Etats qui ne pouvaient avoir de politique indépendante, mais d'y maintenir une division politique plus réelle, en formant des Etats assez puissants pour pouvoir suivre une politique plus personnelle, offrir par leur alliance un appui important.

Fig. 169. — Frédéric-Guillaume III de Prusse. D'apris on dessin de Swebach.

et qui auraient tout intérêt à se rattacher à la France pour se défendre contre l'Autriche ou contre la Prusse. C'était là la politique d'Henri IV, de Louis XIII et de Louis XIV.

Malgré tant d'accroissements réalisés en quelques mois, sans parler même de ceux que la campagne de 1805 nous avait donnés, on put croire un moment qu'une paix sincère allait être signée avec l'Angleterre. Fox était entré dans le ministère Granville, qui avait succédé au ministère Pitt, et avait précisément reçu la place de ministre des affaires étrangères. Fox profita de l'offre qu'un misérable vint lui faire d'assassiner Napoléon pour entrer en relations avec notre gouvernement. Non seulement Fox repoussa avec indignation la proposition qui lui était faite, mais il prévint le gouvernement français. Peu de ^ temps après, des négociations officielles s'ouvrirent. Lord Yarmouth, envoyé à Paris, les poursuivait depuis le mois d'avril, lorsque la mort de Fox, survenue en septembre, emporta tout espoir d'une alliance entre les deux peuples. Ce fut un malheur pour l'humanité : ce fut un malheur aussi pour l'Angleterre (1). La politique de la paix avec la France fut soutenue encore avec éloquence par lord Holland, fils du frère aîné de Fox. Mais sa parole ne trouvait plus d'écho. Vainement Napoléon offrit à l'Angleterre plus qu'elle ne devait obtenir aux traités de 1815, les négociations furent bientôt rompues.

Pendant ces négociations, il avait été question de la restitution du Hanovre à l'Angleterre. Le roi Georges y tenait, on l'a vu, tout particulièrement, et, pendant la campagne de 1805, lorsque la politique anglaise cherchait à entraîner la Prusse dans la coalition, Pitt avait été obligé d'offrir à la Prusse, au lieu du Hanovre qu'elle demandait, la Hollande, qui était cependant une possession bien plus importante. Napoléon pensait donc se concilier personnellement le roi par cette proposition. Mais ce n'étaient là que des pourparlers , et Napoléon n'avait pas cru devoir en prévenir la Prusse, qu'il se proposait d'ailleurs d'indemniser. Le cabinet anglais prévint traîtreusement le gouvernement prussien de ces projets relatifs à la cession du Hanovre. Cette nouvelle donna beau jeu à Berlin au parti militaire, qui avait failli

(1) Voir rOde de Byron sur la mort de Fox.

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