‹ Napoléon Ier et son tempsChapitre 205 sur 389 · LES ANGLAIS EN TURQUIE, CALABRE, EGYPTE · texte numérisé non relu

LES ANGLAIS EN TURQUIE, CALABRE, EGYPTE

par crainte du czar, avaient bien accueilli le général Sébastiani, ambassadeur de Napoléon. Ils avaient entrepris de replacer sous la domination ottomane la Moldavie et la Valachie. Alexandi-e avait alors envoyé Michelson avec 80.000 hommes occuper ces deux contrées. Les généraux russes firent peu de progrès de ce côté. L'effort de la guen-e s'était concentré sur le Niémen. L'amiral anglais Duckworth parut sur ces entrefaites à l'entrée des Dardanelles et somma Sélim de faire la paix avec la Kussie et d'entrer dans la coalition contre la France. Le sultan refusa, mais , malgré les avis pressants de Sébastiani, il ne fit aucun préparatif de défense. Un Français établi à Constantiuople, M. Ruffin, fut d'un grand secours à Sébastiani dans ces circonstances. Il ne croyait pas sincères les menaces des Anglais contre Constantinople , il comptait sur leur rivalité avec les Russes et était persuadé que l'amiral anglais n'était pas disposé à donner un assaut à la ville, à la ruiner pour permettre aux Russes de s'emparer bientôt de cette position. Il pensait que le meilleur moyen de braver leurs menaces était de les mettre au défi de les exécuter. Le sultan, gagné enfin par Sébastiani, lui laissa diriger la - défense. La population turque, réveillée de sa torpeur par l'attitude de l'ambassadeur français, montra une activité inattendue. Pendant qu'on amusait Duckworth par des négociations, l'Helles-

pont fut couvert de batteries turques et l'escadre anglaise fut menacée de ne pouvoir sortir de la mer de Marmara. Duckworth se hâta donc de s'éloigner. Au passage, le feu des forts lui tua quelques hommes et lui coula deux frégates. Au sortir des Dardanelles, il trouva l'amiral russe Siniawin, « qui lui proposa d'y rentrer ensemble et d'aller, de concert, dicter la loi au divan. L'Anglais se garda bien d'accepter une telle proposition, non, comme on l'a dit, par timidité, mais pour ne pas donner aux Russes la joie d'humilier le Croissant et de réduire Constantinople en cendres. Il abandonna ces parages et cingla vers l'Egypte (1). »

PIg. 182. — De Chasseloop-Laubat.

L'Angleterre chercha à se venger de l'échec des Dardanelles par des expéditions particulières. Deux fois, les flottes anglaises essayèrent de s'emparer de Buenos-Ayres , soulevée contre l'Espagne. Une petite armée passa de Sicile en Calabre pour surveiller et soutenir la révolte de cette province contre les Français; elle fut battue par

(1) Lefebvre, ouvrage cité, t. III, p. 67.

489 NAI'OMCON I"'.

Régnier iV Mikîto, Une exp(''(liti(»ii (\\w rAn^^Ictorro tcnia contre l'Egypte ne fut paH pltis licurouBo, car m Ich Anglais H'(tin|)ar(''rcnt d'A- IcxaiKlric, ils on furent pr('H(pi(! aiiHHÎtAt (tliaHH/'H par M/'lK'tinct-Ali (H) avril IS()7), (pii coninicMce alorH non rAle liiKtoricpic,

l'cndant 1(! H(''j()ur do Nap(il('!(>n i\ h'inkonHtein, arriva au (luartier gén/'ral une ainbaHHade du nliali de l'erHe, Fotli-All.

Oo pritKK), attuqtid pur lui Uiikhcm, qui, (Icpiim IH(i8, ('luviiiunb don fortttHur lui bordi <1ii IMiiiMi, iiviiil (rulionl ili<iniin<l('< rulliaiici' iiiikIiuno. Kilo lui avilit Ki!tnl)l('! tro]) (Hirrcintu, (il,, (m IHdfi, il »Vl.iiiU,iiiini(Wlii cAtiMlniii Kriiiicc. DiiiiH liil(^Ur(M|ii(! Niipoloon lui ivjioii- (lit. itlorH, il lui mppi'liiil. l(w ^lnritMix Kouvonii'K (lu Nmlir H il lui luonlraiL l'uliliti^ do rulliiuuMi dit la l'(trwt ut ili^ l'Oc-ciiIcMil/ : » TounKm puuploN ontiHiNuin Ion uiih dut* autrui. l.i>M hiiiuiiiiw (1(1 l'Oi'idiit <iul. (lu iMMii'a^ii (^t du ^ruM, uuu'm rij^iKii'iiiicddo (uirtaitiH artH et la n(''Kli){(iM(!()(ruii(MM'rtiiiuiMliNi'i]iliii(M|ui niulti|ili(! ht Uirm vi l'iK^tiviU^ duH arinéoR l(Uii' doiinutit un n^nwA ihWvantaKu daim lu f^uorru uoiitrc Icn Ihimiuich du Nord ob do r()(!(!i(l(Mit. 1) il V(fut l'oppdMcr li la I'oIm aux AiiKlnit* (^1' »ux Uiimhcm: a Tu t(! d(''fi(Ta(i, lui dit-il, d'iiuo nation do niavoliandH (jiii, dauH l'iudo, trali(|iui (K; la vie ot do la courontio doN NdUvorainN, ot tu (ippoKoraN la valunr do tun ix'uplo aux incurHJouH do la KuHHio. Il M. l{,(iiuiou, onvoyi'i par iNaii(il(''()n l'i 'INOu^ran, l'tait mort à hou arrivi'c. D'autrcM l''rau(;idK lui MiUMM^di'rout (it lo nliali onvoya d non tour iU'm di'pulV'H ni'^Kooior l(M (touditioiiN (1(1 l'alliauco iivuo Napoh'ion. Il fut doiu; NtipuKi (.1 mai IHOl) (piu rKMi|Msrour rooonnattrait à la l'oiiiu la jmNiiuttNion do la (UV)rKiu, uocuii(.^o par lus lltntROH on vortii du todtamont du dcruior jiriuco, ot (pi'il procurcriiit nu mIiiiIi doH ofllciori fntn^MiiN ot (Ion fiiNilH, Do nou l'ùlv, io nIiiiIi dovait d(''('!iu'or la f^ucrro à rAu;{l('l-orro ot n'ontondro nvoo le» Afghan» pour Houlcvor l'Indo. Mai» la Porno n'avait ni llnanooH, tii arm(Vf, ni ooniuiorco pour remplir com promoHHOH, Lo (,'('■ ik- rai (iardiiuo fut ctivoyt'! dauH 00 ]my» avuu miiwioii do tout ur^^uniKur ut d'unii)Ccliur Iuh iiuiuiuii du «'étundru do 00 vM,

li'activit(') de la diplomatie n'oni|MVliait pas Naj)ol(5on do s'occuper do l'adininiHiration. Il i'aiHait aHNemldcr ini Baidi('Hlrin dcH .Iniis pour interpn'lcr la idi de Moïho de nianit'r,' i\ faire entrer cette race dauH la Motiélc' française. Il Hocoiidait Ich inanufaclnreH, le eomnierce, leur prêtait doH londH, leur aeconhiil des |irimi'w, N'inipm'itait d(! ee (pie diHaient Ion journaux de Paris, (l( n ,[iii !c |m;;„iiI j\ l'Opi'ira, »\ l'Aead/'uiie, faÎHait donner IHO.OOO i'rancH i\ JJertliollet dont il avait ap|)riH IcH enibarraH d'argent, inaiH, en niêino tenijm, faiwait expulser M'"" de Htai'l, qui (''tait revenue i\ Paris.

NAPOLÉON KT I,A rKUHK, - SIl'KiK l>F, DANT/Kl.

En iiiCino tompH, il hh pn'piiniit i\ rcpi'oiulrr les ImHlilil/'H iivcc du nouvcllos forces. Un sénatus-coiiHulto avait (lojiV ordoiiiM'' l.i U'vro de la conscription d(^ 1807. L(-Htr()iip('N dti Mortior, rondiicHliliicN pjir l'armistice qni luMitraliHait l;i l'omrraiiit" Hiirdoisc, vinicnt ciiiiipli'lcr l'iii-

Kty. lltit -^ t<tv riiiiroiiliivl Itr'tolivro. iJ iiproN ii

vcHtisHoinciit (le Danl/i}^, ipic !<! inar/iclial rioCtilivro aHHi(''p;(!ait. iio Hii'ïgo do Danl/J^ l'ut ini <Iuh plus in^MioraMcH du totripH. Il lit lionneur au g/!ii('a'al du ^Au'w, (JliaHHcIoup-Iiau^at coiiimh! i\ la di'^l'»!!!»*) <'!nerjîi(iuc d(! Kalkrcutli et do l'inj^'/iiiiour lîoiiHMiard. Mais, malgré la (livcrHiotiquc tenta le czar en envoyant iiH.OOO liointneH j\ la délivranco

de la place, Dantzig capitulait le 24 mars 1807. Les 40.000 qui l'assiégeaient se joignirent à la Grande Armée. Napoléon fait venir de nombreux régiments d'Italie. Avec des contingents allemands, italiens, hollandais, espagnols, joints à 40.000 Français, il forme sur

Lèrfende

^y CaoaJ-vi* Française i^ Rujs A» , Prussiens ^^ Cazxxhtrî» Kusaa et^rr^ Prn*sietut^

i5vo 7hif«s

Fig. 184. — Plan de la bataille de Friedland.

l'Elbe une armée de réserve de 100.000 hommes. Enfin Vandamme, ayant achevé la conquête de la Silésie, allait servir de réserve. Napoléon, accru de toutes ces forces et maître de la ligne de la Vistule par la prise de Dantzig, se prépara à prendre l'offensive, mais il fut prévenu par Benningsen qui se trouvait, grâce à de nouveaux renforts, à la tête de 100.000 hommes. Ayant à sa droite Gortschakoff, à sa gauche Bagration, il essaya d'enlever le corps de Ney. Il fut battu à Guttstadt et à Ankendorf, et de crainte d'être tourné, il se replia promptemeut sur

Page 1