BAYLEN
toires ne décideraient de rien. Quoique Saragosse n'eût pas de fortifications régulières, il fallut plus d'un mois d'efforts (29 juin — 4 août) aux généraux Lefebvre-Desnouettes et Verdier pour pénétrer dans la ville. Et une fois l'enceinte franchie, lorsqu'on fit demander à Palafox de capituler, il répondit : « Guerre au couteau! » Alors commença une effroyable guerre de rues ; au bout de dix jours, les Français n'étaient encore maîtres que de la moitié de la ville, lorsque des
iib'. -•!-. - t.< niiai •b: Itolcïa, le 17 août, 1808. Oamfoaè et giavé par Dnplessis-Bertaox.
événements qui se passaient sur d'autres points de la Péninsule les décidèrent à l'abandonner.
De Madrid, deux corps d'armée avaient été dirigés sur Valence et sur Cadix. Le maréchal Moncey, qui commandait le premier, s'avança sans difficulté jusqu'à Valence , mais échoua au siège de cette ville et dut se retirer dans la Manche. Dupont, qui commandait le second, passa le Guadalquivir à Andujar et prit Cordoue, qui fut saccagée autant par les paysans des environs que par nos soldats, et où Dupont eut le tort de s'arrêter dix jours (7 juin 1808). La junte de Séville profita de l'indignation qu'avait provoquée ce pillage, dans
lequel les églises mêmes et les vases sacrés n'avaient pas été épargnés : elle eut le temps de ramasser 15.000 hommes de troupes de ligne et 30.000 insurgés, dont le commandement fut confié à Castanos. Dupont, qui avait reçu la division Vedel, avec l'ordre de se maintenir sur le Guadalquivir, craignit de voir couper ses communications et battit en retraite sur J^tadrid. Vedel, envoyé en avant pour ouvrir la route et occuper Baylen, ayant vu Reding, lieutenant de Castafios, accourir par la rive droite du fleuve, crut qu'il cherchait à s'emparer du défilé de Despena-Perros et y courut aussitôt. Reding prit alors sa place et tint tête à Dupont, qui arrivait en ce moment à Baylen avec 10.000 hommes seulement. Les Français se battirent pendant huit heures. Ils étaient épuisés par la fatigue, la chaleur, la soif et la faim, lorsqu'ils furent attaqués à revers par Castafios qui arrivait d'Andujar. Dupont demanda une suspension d'armes et négocia une capitulation. Cependant Vedel, averti par le bruit du canon, avait attaqué et culbuté la première ligne de Reding. Lorsqu'il apprit que le général en chef avait capitulé, il voulut se retirer ; Dupont céda aux menaces des Espagnols et lui commanda de se rendre avec lui. Les divisions Vedel et Dufour, qui devaient être ramenées en France, furent traitées , au mépris de la . capitulation, comme la division Barbou, et allèrent périr sur les pontons de Cadix ou dans l'îlot de Cabrera (1).
Toutefois, un jeune sous-lieutenant, qui devait être plus tard maréchal de France, Bugeaud, décida les oiRciers de son régiment, compris comme les autres dans la capitulation, mais éloigné d'nne demi-journée de marche du général Dupont, à ne pas rejoindre le corps principal. « Il soutint qu'une troupe sous les armes n'était tenue par une capitulation faite en dehors d'elle qu'autant qu'elle n'avait aucun moyen de s'y soustraire. Il dit qu'on pouvait par une marche rapide gagner la montagne puis Madrid, et qu'il s'offrait pour former l'arrière-garde avec ses grenadiers. Son langage enflammé releva les âmes abattues ; on chemina suivant les indications de routes qu'il avait fournies en chasseur expert et qui avait fouillé le pays. Les trente lieues à parcourir devant les détachements ennemis qui couvraient la campagne furent heureusement franchies et le régiment sauvé (2). »
(1) C'est à Baylen que périt le' général Gobert, dont on voit le beau tombeau, par David d'Angers, au Pére-Lachaise,
(2) L'Armée française en 1867, p. V de l'Introduction, à la note.
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