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PERSE. — NAPOLEON EN ESPAGNE. — BURGOS

pautés Danubiennes, à Joseph Bonaparte l'Espagne. Le Czar pouvait chercher à obtenir de la Porte, par les armes ou les négociations, la Moldavie et la Valachie ; si la France était obligée de l'appuyer, elle le ferait en termes tels que l'amitié qui l'unissait à la Turquie n'en pût être blessée. En cas de rupture avec l'Autriche, les

-Uï. — En Espagne,

l'( int par Uatïet, lithographie par Llanta.

deux alliés devaient faire la guerre en commun. A la demande du Czar, l'Empereur accordait au roi de Prusse une remise de 20 millions sur la contribution de guerre qui lui était imposée : enfin, ïalleyrand entama la question d'un mariage russe pour Napoléon. Telles furent les conventions ou les projets formés à Erfurt.

Mais si Napoléon croyait le Czar disposé à les observer sincèrement, son illusion était profonde. Au lendemain de cette entrevue, Alexandre faisait connaître secrètement au roi d'Angleterre « la secrète satisfaction qu'il éprouvait de l'habileté qu'avait déployée la Grande-Bretagne en devançant et prévenant les projets de la France

par son attaque contre Copenhague ». Los ministres anglais étaient même invités à communiquer franchement avec le Czar comme avec un prince « qui, bien qu'obligé de céder aux circonstances, n'en était pas moins attaché plus que jamais à la cause de l'indépendance européenne ». Bientôt après, il envoyait à la cour de Vienne son aide de camp Pozzo di Borgo , un Corse appartenant à une famille dont on connaissait la haine pour la famille Bonaparte, pour assurer secrètement l'empereur François que si ses premiers efforts étaient heureux contre la France, il le seconderait pour la délivrance de l'Europe. Le Czar agissait même auprès de la cour de Perse pour la détacher de notre alliance et lui faire accepter celle de l'Angleterre. Le général Gardane, envoyé de Napoléon, avait été reçu par le Schah avec empressement, et d'abord, aidé du colonel Fabvier, avait organisé une armée, creusé des routes et préparé une expédition dans l'Inde. Mais après Tilsit, Napoléon avait changé le caractère de sa mission et l'avait chargé d'opérer un rapprochement entre la Perse et la Russie. Malheureusement ses efforts n'avaient pas eu de succès, aucune des deux puissances n'ayant consenti à abandonner ses prétentions sur la Géorgie. Le Schah reprochait à Napoléon de ne l'avoir pas compris dans le traité de Tilsit et le Czar lui faisait dire secrètement que la paix n'était pas sincère et que les vrais alliés de la Perse étaient les Anglais. Une flotte anglaise ayant paru dans le golfe Peraique, le Schah consentit à recevoir l'ambassade qu'elle amenait avec elle. Le général Gardane, pensant que sa mission n'avait plus d'objet, rentra immédiatement en France (février 1809).

Se croyant assuré de la tranquillité du centre de l'Europe, Napoléon n'avait laissé au delà du Rhin que 80.000 hommes ; 50.000 avec Davout sur l'Oder, 30.000 avec Oudinot sur le Mein. Avec le reste de la Grande Armée il était passé en Espagne et avait rejoint Joseph à Vittoria (18 nov. 1808), après avoir obtenu du Sénat de nouvelles levées sur la conscription de 1810 et les conscriptions antérieures. Napoléon commence aussitôt les hostilités. Sur ce terrain, nouveau pour lui, du bassin de l'Èbre, où les opérations étendues semblent si difficiles, il ne se trouva pas plus embarrassé qu'il ne l'avait été dans le bassin du Pô, et là encore il donne des modèles de la grande guerre. Lannes commandait la gauche; Soult, le centre; Lefebvre et Victor, la droite. Les Espagnols avaient quatre armées formant en tout 180.000 hommes : à droite, celle d'Aragon, sous Palafox, et celle d'Andalousie, sous Castanos; au centre, l'armée d'Estramadure , sous Galuzzo et le marquis de Belvéder; à gauche, celle de GaUce, commandée par Blakeet Gregorio de la Cuesta. Une armée anglaise, avec le général Moore, devait se porter de Lisbonne sur la Vieille-Castille et donner la main à l'armée

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