‹ Napoléon Ier et son tempsChapitre 235 sur 389 · EXPÉDITION ANGLAISE AUX BOUCHES DE L'ESCAUT · texte numérisé non relu

EXPÉDITION ANGLAISE AUX BOUCHES DE L'ESCAUT

du Drienz, de l'Eisack et de la Drave avec le col de Toblach, fut rattaché à l'Illyrie.

Les Anglais, pour venir en aide aux Autricliiens, avaient redoublé d'activité; sans parler de leurs progrès aux colonies, ils avaient cherché à agir sur le continent européen, partout où une attaque était possible. En Espagne, une nouvelle armée auglaise, sous le commandement de sir Arthur Wellesley, rendit inutile notre seconde invasion du Portugal et remporta la victoire de Talavera (28 juillet). Dans la Méditerranée, à la fin de l'année 1809, les Anglais étaient maîtres des îles Ioniennes sauf Corfou et Sainte-Maure. Dans l'Océan, ils faisaient des tentatives sur les côtes de France. L'amiral Thomas Cochrane fut chargé de surprendre notre escadre de l'île d'Aix ; il lança contre

elle une machine infernale de quinze cents barils de poudre avec des fusées à la Congrève (1), et brûla six vaisseaux et deux frégates. Mais les Anglais comptaient avant tout sur une grande expédition qu'ils destinaient à détruire Anvers et à combler les bouches de l'Escaut (2). Ils se flattaient que leur approche insurgerait la Hollande

(1 ) Elles étaient ainsi appelées du nom de leur inventeur, et c'est la première fois qu'on en fit usage.

(2) Ils tenaient d'autant plus à obtenir un succès de ce côté, qu'un ennemi bien imprévu menaçait alors très sérieusement leur commerce dans l'extrême Orient. Une secte religieuse et guerrière , les' Wahabites, s'était formée au centre de l'Arabie vers le commencement du siècle. Maîtres de la Mecque et de Médine, ils avaient envahi l'Egypte. Bepoussés des bords du Nil, ils se dirigèrent vers le nord-ast et s'emparèrent de Damas, d'où ils entravaient le commerce anglais dans le golfe Persique et KAPOLiox I". 70 ■'

Fig. 220. — Le comte Lasalle. Peint par Gros, gravé par Leclerc.

exaspérée par le blocus continental. 70 vaisseaux portant 44.000 hommes, sous le commandement de lord Chatam, frère aîné de William Pitt, et accompagnés de nombreux vaisseaux de guerre, se dirigèrent vers les bouches de l'Escaut ; mais ils ne purent même pas lancer un boulet sur Anvers, mis rapidement eu état de défense. Ils s'acharnèrent, il est vrai, sur Flessingue, qui fut ruinée. L'armée anglaise, par suite de son séjour dans l'île marécageuse de Walcheren, étant

La charge. La retraite.

Fig. 221. — Caricature sur l'expédition anglaise en 1809.

ravagée par les fièvres, Chatam dut se retirer honteusement après avoir perdu la moitié de ses soldats sans avoir obtenu aucun résultat. Cependant l'émotion avait été très vive à Paris, et Napoléon, laissant à Berthier le soin de ramener la Grande Armée d'Allemagne, s'était hâté de revenir aux Tuileries pour surveiller de plus près la guerre d'Espagne et calmer les inquiétudes causées par les derniers événements.

la vallée de VEuphrate. Ce danger devait être de courte durée, et en 1812 n>rahim, fils de Mehemet AU, les refoulait dans l'Arabie centrale. Mais en 1809, ils étaient i, l'époque de leur puissance.

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