TRAVAUX PUBLICS. — MONUMENTS. — MARINE
1814), de la Cité (1803-1813), Catinat (1809-1813), Montebello, Morland; l'ancien quai de Chaillot, refait à nouveau, reçoit le nom du général Debilly, tué à léna. Au bassin de la Villette (1806-1809) se réunissent les canaux Saint-Denis et Saint-Martin. La place du Carrousel est agrandie à la suite de l'ébranlement produit dans le quartier par la machine infernale. On commence en 1808 la galerie du Nord pour joindre les Tuileries au Louvre. Elle arrivait jusqu'à la rue Saint-Xicaise en 1814 : les travaux furent alors arrêtés. Il en fut de même des travaux de l'arc de l'Etoile ; mais
Fig. 225. — Kairiagc de iiapolcou et du ilarie-Luuisc au =aluu carré du Louvre. Tableau de Kouget.
(Musée de Versailles.)
la colonne de la Grande Armée et l'arc du Carrousel consacraient déjà le souvenir de nos récentes' victoires. La Bourse et le Temple de la Gloire (depuis église de la Madeleine) furent continués sans interraption par les gouvernements qui suivirent. Des fontaines nombreuses, dont quelques-unes monumentales, le Château-d'Eau, la fontaine du Palmier (1), etc., furent placées dans les divers quartiers de Paris. De grands travaux furent faits pour les égouts et les Catacombes. Mais dans toutes les grandes villes de
(1) La plus considérable de ces fontaines devait s'élever sur la place de la Bastille. Une voûte construite au-dessns du canal Saint-Martin devait supporter un éléphant de bronze de 24 mètres de haut, lançant de l'eau par sa trompe. Un décret impérial annonça que le métal nécessaire serait fourni par les canons pris dans la campagne de Friedland. Le monument, commencé en 1810, ne fut^amais achevé. Pendant quelques années, un grand éléphant de plâtre fut mis à la place que devait occuper l'éléphant de bronze, qui ne fut jamais exécuté.
XAPOLEON' I".
l'Empire, soit dans les limites de l'ancienne France, soit dans les pays récemment conquis, l'activité était la même. A Milan, à Venise, à Turin, à Florence, à Rome, à Naples, à Amsterdam, à Anvers, des constructions utiles ou des monuments rappellent encore les services de l'administration française (1). Partout des routes, des ponts, des canaux établis ou améliorés. Les ingénieurs Gianella (de Milan) et Céard (de Paris) terminent en 1807 la route du Simplon. L'assainissement méthodique et d'ensemble des Marais Pontins est repris sous la direction de Prony.
Mais, parmi les travaux publics, il n'y en a pas qui intéressaient plus vivement Napoléon que ceux des ports, à Amsterdam, àFlessingue, à Venise, à Ancône, au Helder, au Texel, à la Spezzia, à Gênes, surtout à Cherbourg et à Anvers.
A Cherbourg, les grands travaux commencés par Louis XVI, et à peu près abandonnés depuis 1793, avaient été repris dès 1802, sous la direction de l'ingénieur Cochin. On s'occupa surtout de la digue. Napoléon visita Cherbourg en 1811 et ordonna des constructions d'après un nouveau système. Elles furent exécutées sous la direction de Lamblardie le fils, et résistèrent à toutes les tempêtes depuis 1813 jusqu'à 1853, date de l'achèvement des travaux. Outre ces constructions, un port pour les vaisseaux de guerre fut creusé en moins de huit ans dans le roc vif et ouvert en 1813. Mais, de tous nos établissements maritimes, celui auquel Xapoléon s'intéressait le plus était Anvers ; là, « c'était corhme un pistolet chargé au cœur de l'Angleterre ». L'Angleterre ne s'y trompait pas et aucune entreprise ne l'inquiétait davantage; l'on a va les efforts qu'elle fit en 1809 pour s'emparer des bouches de l'Escaut, mais l'échec de cette formidable expédition n'avait servi qu'à faire mieux connaître à l'Europe l'importance des travaux faits à Anvers, grâce auxquels l'escadre anglaise • n'avait même pu attaquer la ville. '
Le matériel naval n'occupait pas moins Napoléon que les établissements maritimes. Il nous sufifira de donner quelques chiffres :eu 1801, la France avait 55 vaisseaux et 43 frégates; de 1801 à 1814, elle perdit 38 vaisseaux et 63 frégates, et en 1814 nous avions une flotte de 103 vaisseaux et 53 frégates, sans compter un grand nombre de vaisseaux de moindre importance. En dépit du préjugé (2), on peut dire
(1) A Venise, le Jardin public, la Grande-Rue, la seule à vrai dire, qui fut construite sur un canal par ordre du prince Eugène et qui a quitté le nom de Via Eugenia pour prendre le nom de Via Garibaldi, surtout les belles constructions qui terminèrent enfin la place Saint-Marc; & Rome, la restauration ou le déblaiement des monuments antiques, les travaux au Quirinal, etc.; à Milan, les arènes, Tare du Simplon, la continuation de la cathédrale. Dans le royaume de Naples, les fouilles de Pompéi sont poussées aTec'une activité inconnue jusque-là, etc..
(2) Il est vrai que Napoléon faisait lui-même le silence autour de tout ce qui intéressait la marine, car c'était de ce côté seulement que lui venaient des échecs.