VALAIS. — BALTIQUE. — SUEDE
voyant ses États ruinés par le blocus continental, se montrait indulgent pour les infractions qui y étaient faites. Napoléon se fait céder, comme garantie que le blocus sera désormais observé, le Brabant hollandais et la Zélande (16 mars), et bientôt (27 avril et 15 mai) les réunit à la France (1). Louis Bonaparte abdique (le 3 juillet), s'échappe de son ancien royaume, et proteste à la face de l'Europe contre l'insupportable despotisme de son frère. La Hollande est réunie à l'Empire (9 juillet). Lebrun, l'ancien Consul, est chargé de son administration. Jérôme Bonaparte voit bientôt son royaume de Westphalie dépouillé , toujours pour assurer l'exécution du blocus, de ses provinces maritimes, par un sénatus-consulte qui réunit à l'Empire toutes les côtes, depuis l'Ems jusqu'à l'Elbe, avec les villes hanséatiques.
Le même sénatus-consulte prononçait également la réunion du Valais , en raison des grands travaux faits pour les
routes des Alpes. Le blocus continental semblait aussi définitivement appliqué à la Baltique, car la Suède elle-même semblait complètement attachée à la politique impériale.
Par la révolution du 13 mars, le conseil, l'armée, le peuple, d'accord pour sauver le pays de la ruine où l'entraînait la politique, désastreuse pour la Suède, de l'alliance anglaise, avaient détrôné Gustave IV. Il avait été remplacé par son oncle, le duc de Sudermanie, proclamé roi par la diète sous le nom de Charles XIII (5 juin). La Suède accède au
rig. 229. — Bernadotte.
(1) Napoléon avait imaginé de tirer de la menace de la réunion de la Hollande une occasion de négocier avec l'Angleterre, en proposant de ne pas opérer cette réunion, si l'Angleterre consentait à traiter. M. Labouchère, chef de la première maison de banque de la Hollande, associé et gendre de M. Baring, qui dirigeait la première maison de banque de l'Angleterre, consentit & se charger de ces négociations secrètes ; mais elles n'aboutirent pas. L'organisation de la Hollande en départements français n'eut lieu que le 13 décembre 1809.
blocus continental (6 janvier 1810) et Napoléon lui rend la Poméranie.
Charles III, d'accord avec les Etats, avait désigné pour lui succéder le prince Charles- Auguste de Holstein-Augustenbourg; mais ce prince mourut au mois de juin 1810. Un parti national se forme en Suède, comme on l'avait vu en Espagne à la fin du règne de Charles II, pour régénérer le pays par l'appui de la France. Le vieux roi choisira pour héritier présomptif un de ces généraux français qui ont rempli l'Europe de leur nom et qui sont bien dignes de fonder une dynastie. Un hasard singulier fit que Bemadotte avait été déjà en relation avec les Suédois ; c'était, il est vrai, pour les combattre ; mais il avait bien traité leurs prisonniers. C'est à lui qu'on songea. Bemadotte eut l'art de faire croire aux Suédois que Napoléon désirait particulièrement que le choix se portât sur celui de ses maréchaux qui était uni aux Bonaparte par une alliance de famille, et que c'était seulement par un juste sentiment de sa dignité que l'Empereur gardait le silence. Xapoléon, prévenu de ces intrigues , voulut faire connaître ses véritables sentiments, mais il était trop tard : Bernadette venait d'être, sur la proposition du roi, proclamé prince royal par les Etats d'Œrebro, qui se félicitaient d'avoir si bien compris les intentions de Xapoléon (21 août).
Fîg. 230. — Le maréchal Gouvion Saint-Cyr.
Charles XIII adopte pour fils Bernadette, qui se fait protestant et prête serment à la constitution suédoise (1"'' novembre). Le 17 novembre, la Suède déclarait la guerre à l'Angleterre.
Les Anglais se vengeaient sur nos colonies de l'extension du blocus continental et des exploits de nos corsaires, parmi lesquels Surcouf a laissé un nom presque légendaire. Ils occupaient le Sénégal (14 juillet 1809), la Guadeloupe, la seule Antille que nous eussions conservée (6 février 1810), l'île de la Réunion (juillet). A l'Ile de France, Decaen résista jusqu'au 2 décembre, avec 4.000 hommes contre 10.000. Il quittait l'île, mais avec les honneurs de la guerre, et tous les équipages , des corsaires comme des navires de l'Etat, furent rapatriés aux frais du gouvernement britannique. Decaen obtint encore que les Anglais conservassent dans l'île les lois françaises, dont l'ensemble reçut, de la reconnaissance des habitants , le nom de Gode Decaen. Comme Dupleix,