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ANTIQUITE GRECQUE ET LATINE

per une place de commis chez un marchand à la Halle. Xous voulons parler de Louis BuRXOUF, l'auteur de la Méthode pour étudier la langue grecque, ouvrage qui laissait bien loin derrière lui tous les ouvrages analogues publiés jusqu'alors (1). Cet ouvrage parut à Paris en 1813. Cette année même, l'Académie des inscriptions recevait

Fig. 240. — Napoléon et sou Uls. l'ciui par Stcuben.

BoissoNADE qui, depuis 1809, faisait apprécier, dans son cours de littérature grecque à la Faculté des lettres, une profonde érudition jointe à la sagacité de l'esprit et à l'élégance du goût. Gosselin et Walckenaer publiaient de savants travaux sur la géographie ancienne. Sainte-Croix rééditait, en 1804, son Examen crilique des historiens ^Alexandre. Mais Strasbourg l'emportait à la même époque sur Paris pour

(I) La Grammaire de llalthisB n'est que de 1835-27.

BAPOLBOH 1".

la philologie grecque et latine, avec Jacques Oberlin (1), Beunck, les Schwei- GHŒUSER, et ScHOELL, dont les consciencieuses histoires de la littérature grecque et de la littérature latine peuvent être encore consultées avec fruit.

Un Allemand, Auguste de Schlegel, déjà célèbre dans son pays, prenait rang parmi les écrivains français en publiant en notre langue une comparaison de la Phèdre d'Euripide et de la Phèdre de Racine, où l'auteur français était sacrifié à son modèle grec. Son Cours de littérature dramatique (1809-1811) fut traduit en français dès 1814, et les discussions que ce livre souleva contribuèrent à donner une vive impulsion à la critique littéraire en France, surtout à la critique de l'antiquité.

Histoire. — Le gouvernement faisait continuer les grands recueils de documents dont les troubles de la Eévolution avaient arrêté la publication, le Recueil des historiens de la France, le Recueil des ordonnances des rois de France, V Histoire littéraire de la France. Quelques autres grandes collections étaient entreprises sans l'appui du gouvernement ; par exemple, la Biogra^ihie universelle, rédigée par les premiers écrivains du temps, sous la direction de Michaud, avait déjà 18 volumes en 1814. Napoléon attachait une grande importance à ce que l'histoire fût enseignée dans un sens conforme à l'esprit du gouvernement. Sainte-Beuve, dans son étude sur Fontanes, cite une curieuse note dictée par l'Empereur à Bordeaux, le 12 avril 1808, et adressée au ministre de l'intérieur. Il s'agissait de la demande faite par M. Halma, bibliothécaire de l'Impératrice, d'être nommé continuateur de Velly, Villaret et Garnier, ainsi que du président Hénault pour YAhréyé chronologique. Le ministre Crétet avait pensé qu'il n'y avait pas lieu de donner suite à cette demande, par la raison que ce n'était pas au gouvernement à intervenir en pareille occasion. Ce ne fut pas l'opinion de l'Empereur.

a Je n'approuve pas, dit-il, les principes énoncés par le ministre de l'intérieur. Il est de la plus grande importance de s'assurer de l'esprit dans lequel écriront les continuateurs. La jeunesse ne peut bien juger les faits que^ d'après la manière dont ils lui seront présentés. La tromper en lui retraçant des souvenirs, c'est lui préparer des en-eurs pour l'avenir. J'ai chargé le ministre de la police de veiller à la continuation de Millot, et je désire que les deux ministres se concertent pour faire continuer Velly et le président Hénault. » Suit un large tableau de la manière dont doivent être présentées les diverses époques de l'histoire de notre pays jusqu'en l'an VIII, terme de l'ouvrage. « Il faut, dit-il, faire sentir à chaque ligne l'influence de la cour de Rome (on voit bien que l'on est en l'an VIII)... On doit peindre les massacres de septembre et les horreurs de la Révolution du même pinceau que l'Inquisition et le massacre des Seize. Mais il faut avoir soin d'éviter toute réaction en parlant de la Révolution ; aucun homme ne pouvait s'y opposer... Il faut faire remarquer le désordre perpétuel des finances, le chaos des assemblées provinciales, les prétentions des parlements, le défaut de règle et de ressorts dans l'administration..., de sorte qu'on respire

(1) Ilest le frère de Frédéric Oberliu qui, pasteur du Ban-de-la-Roche (Tallée supérieure de la Sohirmek), civilisa sa paroisse et fut le bienfaiteur de la contrée.

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