‹ Napoléon Ier et son tempsChapitre 271 sur 389 · BEAUX-ARTS · texte numérisé non relu

BEAUX-ARTS

LES MUSÉES. — LES ÉCOLES. — LES PRIX DECENNAUX. — PEINTURE, SCULPTURE. — GRAVURE. — ART INDUSTRIEL. — MUSIQUE. — ART DRAMATIQUE (1).

ES MUSÉES. — Jamais ville au monde n'eut une splendeur artistique comparable à celle de Paris au temps de l'Empire. Les premiers envois faits par le général Bonaparte n'avaient cessé de se renouveler. Cliacune de nos conquêtes marque un accroissement de nos musées. Le 18 pluviôse an VI (G février 1798), les peintures de Parme, Plaisance, Milan, Crémone, Modène, Cento, patrie du Guerchin, de Bologne, cédées à la France parles armistices de Parme , de Bologne et le traité de Tolentino, venaient décorer le grand salon du Louvre. L'année suivante, le 18 brumaire an VIII, elles y étaient remplacées par les tableaux tirés de Venise, Vérone, Mantoue, Pesaro, Pérouse. Fane, Lorette et Rome. Le 28 ventôse an VIII (19 mars 1800), la collection italienne s'augmente des envois de Florence et de Turin. La place manquait pour tant d'œuwes d'art s'ajoutant à celles que nous possédions déjà avant 1789, quoique les travaux d'aménagement du Louvi-e fussent poussés avec une grande activité. Ce

(1) Les Catalogues du Louvre de 1798 à 1810. — Charles Blanc, Histoire des peintres. — Siret, Dictionnaire des peintres. — Bellier de la Chavignerie et L. Auvray, Dictionnaire des artistes franchis. — Belescluze, David et son temjis. — L'Introduction du Catalogue du Louvre de 1858, de Frédéric Villot. — Le« ouvrages d'Émeric David. — Les Catalogues des Salons de 1800 à 1812. — Les ouvrages ou articles de Delestre et de Delacroix sur Gros, de Delacroix sur Prudhon, etc.

ne fut que le 15 messidor an IX (14 juillet 1801), anniversaire de la prise de la Bastille, que la deuxième partie de la grande galerie fut rendue au public.

Les conquêtes de 1806, 1807, nous amenèrent de nouveaux chefs-d'œuvre , qui furent solennellement installés au Louvre, le 14 juillet 1807, premier anniversaire de la bataille d'Iéna : 50 statues, 80 bustes, 193 bronzes, une foule de tableaux de maîtres déjà représentés dans la galerie, et des peintures de quarante artistes au.moins,

Pig. 261. — Portrait de Vivant-Denon. Tableau de Prad'hon. Musée du Louvre.

pour la plupart allemands, flamands, hollandais, inconnus en France. Le Musée, fondé depuis quelques années seulement, est à l'apogée de sa gloire, et la notice de 1810 nous apprend que nous n'avons plus de chefs-d'œuvre à envier à l'Europe. La galerie, d'après l'ordre de Napoléon, ouvre pour la première fois, partagée en neuf travées ; les écoles sont classées séparément, et le Grand Salon, peu de temps après (1814-1815), reçoit les ouvrages des maîtres primitifs allemands et italiens.

Nous indiquerons les principales de ces œuvres que la victoire nous avait données, et qui, jointes à celles que les rois de France avaient déjà rassemblées, faisaient de notre Musée une collection incomparable, et telle, qu'on n'en reverra probablement jamais de semblable dans aucun temps ni dans aucun pays.

Page 1