‹ Napoléon Ier et son tempsChapitre 272 sur 389 · MUSÉES. — CONQUÊTES. — ITALIE · texte numérisé non relu

MUSÉES. — CONQUÊTES. — ITALIE

Venus du palais Pitti. — Van Dyck, Portrait de Bentivoglio. — Titien, le Martyre de saint Pierre-, le Portrait d!Hippohjie de Médias. — Pérugin, la Mère de pitié. — Raphaël, le Portrait de Jules II; le Cardinal Inghiraml; Portrait de Léon X; Portrait de BibUena; la Vierge-, Vision d'Ézéchiel. — Michel-Ange, les Parques. — Jules Romain, trois tableaux dont le Chœur des Muses,- Sainte Famille. — Bartholomeo, Saint Marc. — André del Sarto, Déposition de croix,

Fig. 262. — Combat de Hinerre contre liais. Tableau de David. Musée du Louvre,

deux tableaux de F Histoire de Joseph et le Portrait de l'artiste. — AUori, Judith ; Expiation de saint Julien. — Giorgione, la Leçon de eha?it. — Bordone, Portrait de femme — Cigoli, rEcce Homo. — Gnerchin, le Sauveur. — Carlo Dolci, le Sommeil du petit saint Jean; le Christ au jardin des Oliviers. — Moroni, deux Portraits. — Le Parmesan, Vierge aux Anges.

— DE Rome. — Raphaël, la Transfiguration (1). — Dominiquin, la Communion de saint Jérôme. — Caravage, Christ au tombeau ; Christ mort sur les genoux de la

(1) La Tramflguration devait primitivement appartenir à la France. Elle avait été commandée à Baphaël pour la cathédrale deNarbonne, dont Médicis était archevêque. Mais, Rapliaël étant mort, lorsqu'il venait à peine d'achever son tableau, le pape s'opposa à ce que ce chef-d'œuvre quittât Home.

Vierffe. — Garofolo, la Vierge et sainte Catherine. — Guerchin, Incrédulité de saint Thomas; la sainte Pètroniïïe. — Guide, Crucifiement de saint Pierre; la Fortune. — Sacchi, Miracle de saint Romuald.

Venus dk VBariSE. — Bassan, la Résurrection de Lazare. — Véronèse, Noces de Cana; Repas chez Simon; Repas chez Lévi; la Chute des Titans; Une Allégorie svr Venise (plafond du palais ducal). — Pordenone, Saint Laurent Justinien et d'autres saints. — Tintoret, le Saint Marc; la Sainte Agnes. — Bordone, l'Anneau de saint Marc. — Titien, F Assomption; Martyre de saint Pierre Dominicain; le Martyre de saint Lotirent.

Fig. 263. — Serment de l'armée fait à l'Empereur après la distribution des aigles an Champ-de-Mars. Tableau de David. Musée de Versailles.

— DE VÉRONE. — Paul Véronèse, le Martyre de saint Georges.

— DE TuEiN. — Sabattini, Vierge et enfant. — Dix-huit tableaux hollandais, dont trois Holbein, parmi lesquels un Érasme.

— DE Milan. — Le Carton de l'Ecole d! Athènes, de la bibliothèque ambrosienne.

— DE Péeouse. — Raphaël, Une AssompUon. — Pérugin, Isciie; Jérémie. — Baroche, Descente de croix.

— DE Bologne. — Aug. Carrache, la Communion de saint Jérôme. — Raphaël, Sainte Cécile. — Dominiquin, la Vierge du Rosaire; le Martyre de sainte Agnès.

— DE MoDÈNE. — Le Guerchin, Mariage de sainte Catherine; Hérodiade.

— DE LoRETTE. — Annibal Carrache^ Naissance de la Vierge.

— DE Pesaro. — Baroche, Vocation de saint Pierre et de saint André; Sainte Micheline. — Tableaux du Guide.

CONQUÊTifS. — FLANDRE. — HOLLANDE. — ALLEMAGNE. 631

Venus de Fano. — Guide, Jésus-Christ remettant les clefs à saint Pierre.

— DE Parme. — Con-ège, la Vierge et saint Jérôme, la Descente de croix, le Martyre de saint Placide et de sainte Flavie, le Repos en Efiyple.

En dehors de l'Italie, les collections du stathouder, les musées ou les monuments de l'AUemagne, principalement la célèbre galerie de Cassel, furent dépouillées de leurs œuvres les plus précieuses. Cassel perdit ses Eembrandt et ses Ruysdael les plus beaux. L'on vit, au Louvre, ses deux Paysages de Eembrandt, et ses Portraits de

i-jg. 2t>4. — Lt.oni(ia--5 aux Thermopyles. Uaitrès ic aes^iii ne David, ilusée du Louvre.

Saskia et de Coppenol, sans parler de la Présentation au temple, de la Famille du bûcheron, du portrait du Jeune lutmme inconnu, de Jacob bénissant les enfants de Joseph du môme maître. On y vit aussi le Torrent de Ruysdael (Cassel), l'Hôtellerie et le Taureau de Paul Potter, la Maladie d^Aniiochus de Gérard de Lairesse, le Cammiflet de Kalft, un Intérieur de Gonzalès Coques, etc., etc. On allait même chercher, dans les pays du Nord, des tableaux de l'école italienne, tels que le Sacrifice d Abraham d'André del Sarto (de la Haye). La Belgique, quoiqu'elle fît partie de la France, dut se dépouiller. Anvers dut envoyer à Paris la Descente de croix et V Élévation de la croix de Rubens, dont on voyait aussi, au musée Napoléon, Saint Roch, l'Assomption, la Vénus et Adonis de la galerie du Stathouder. On alla enlever, dans un petit village des Pays-Bas, le Saint Martin de Van Dyck. Enfin, le monu-

ment le plus précieux de la première école flamande, l'Adoration de V Agneau des frères Yan Eyck, dut quitter l'église Saint-Bavon de Gand.

Le 18 brumaire an IX, fut ouvert le musée des Antiques. Au-dessus de la porte on avait placé un buste colossal de Bonaparte ; là, se voyaient aussi des trophées glorieux. Entre autres ohefs-d'œuvi-e, Florence avait dû nous envoyer la Vénus de Médicis; Rome, le Vase Borghèse, la Melponi'ene, le TiUe; le Gladiateur mourant et le Ménandre du Capitole, le Laocoon et surtout V Apollon du Belvédère, que l'on considérait, depuis Winckelmann, comme le chef-d'œuvre de l'art. Les Romains placèrent au Vatican, sur le piédestal dépouillé, une statue de Canova, le Persée, qu'ils appelèrent la Consolatrice. Les Chevaux de bronze de Venise furent placés sur l'arc de triomphe du Carrousel. Le Lion ailé de Sai9it-Marc orna, une de nos fontaines.

Malgré tout ce que la conquête nous donnait, le gouvernement enrichit le Louvre par des acquisitions, telles que, les deux Intérieurs de PieiTe de Hooghe, le Banquier et sa femme de Quentin Matzys, le Portrait de Tromp par Metzu, le Marché aux poissons d'Adrien van Ostade, des œuvres de David de Heem, d'Ommeganck, de Weenix, etc. On avait aussi recoure à des échanges. Le musée Brera, de Milan, reçut en 1812 cinq tableaux de l'école flamande, et nous envoya les deux Bonvicino, le Carpaccio, et le Beltraffio qu'on voit encore dans notre galerie.

« Paris n'était pas seul à profiter de nos conquêtes artistiques. Dès le 6 frimaire an VII, Heurtant de Laneuville, dans une séance du Conseil des Cinq-Cents, avait demandé, au nom des commissions d'instruction publique, la fondation dans les provinces d'écoles de peinture, de sculpture et d'architecture, ainsi que l'établissement de collections d'objets d'art près de ces écoles. Ce projet avait été ajourné, et il était réservé à celui qui avait doté la France de tant de richesses d'en faire la répartition. Pendant les dernières années du Consulat, vingt-deux musées départementaux furent créés et reçurent, de 1803 à 1805, de nombreuses toiles provenant de l'ancien Cabinet du roi, des églises de Paris et des conquêtes. Plus tard, un décret de l'Empereur du 15 février 1811, suivi d'une décision du ministre de l'intérieur du 21 mars suivant, accorda une nouvelle livraison de tableaux à six villes de l'Empire. C'est pourquoi neuf cent cinquante tableaux sortirent du Louvre. » (Villot.) La ville de Lyon reçut une des plus célèbres Vierges du Pérugin, et Caen, le Mariage de la Vierge du même peintre; Rouen, une Vierge entourée de donateurs, œuvre de l'école flamande, qui est un des plus beaux tableaux de son musée. Les départements nouveaux formés par la conquête n'étaient pas oubliés ; c'est ainsi que l'on envoya au musée de Mayence, qui le possède encore, une Descente de croix attribuée à Jean Cousin.

Les villes dépouillées pouvaient justement se plaindre qu'on leur prît ce qui faisait leur honneur et y attirait les étrangers; mais plusieurs chefs-d'œuvre ne durent leur conservation qu'à leur transport en France, car la négligence était souvent bien grande de la part de ceux qui possédaient ces trésors. On avait notamment laissé détruire par les vers la Vierge de Foligno, de Raphaël, et le Martyr de saint Pierre Z>ommî(;am, du Titien (1). Ces panneaux supportaient à peine la peinture prête atomiser

(1) Le Martyre de taint Pierre n'existe plus aujourd'hui. Ce tableau, qui passait pour le plus beau de

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