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ECOLE DE DAVID

Grecze (1725-1805), assistent au début de l'Empire; mais ils ont perdu la vogue. Les principes plus sévères que Vien (1716-1809) a cherché à faire prévaloir, son élève préféré, David, les a déjà fait triompher et son succès rejaillit sur son vieux maître, qui devient membre du Sénat dès 1799, puis commandeur de la Légion d'honneur, et comte de l'Empire. L'école de David règne alors sans conteste ; sa rivale, l'école' de Regnault, s'inspire des mêmes doctrines. Le goût public penche de ce côté, c'est là une suprématie volontairement acceptée et n'ayant rien de tyrannique.

Quel que soit le jugement qu'on porte sur l'œuvre de David, il a eu le mérite de rendre à la peinture française trois qualités qu'elle semblait abandonner, le sentiment du style élevé, la conscience dans l'exécution, l'étude patiente des formes. Si, par haine

Fig. 266. — Le cheval da Trompette. Par Horace Vemet.

de l'a peu près, il tombe dans la sécheresse, si la recherche parfois artificielle de la grandeur lui fait négliger les sujets modernes et fait trop souvent de ses tableaux des bas-reliefs et de ses personnages des statues peintes, il n'en a pas moins rendu à notre école des services qu'on ne reconnaît pas assez aujourd'hui. Les grandes œuvres de Géricault et de Delacroix lui-même seraient difficilement explicables au sortir de Boucher, si la peinture française n'avait été soumise à la sévère discipline de David. Rappelonsnous que Paul Véronèse passa une partie de sa jeunesse à copier les estampes d'Albert Durer et de Lucas de Leyde, et n'oublions pas, d'autre part, que ce n'est pas en face de l'antique, mais devant la grâce souveraine du Corrège, à Parme, que David fut comme illuminé, comprit tout ce qu'avaient de faux les grâces maniérées de Boucher et résolut de ramener l'art à une méthode plus sévère et plus digne de son rôle. David avait l'habitude de dire : « Soyons vrais d'abord, beaux ensuite ». C'est, en somme, ce maître qu'on a voulu représenter, à la suite de trop de plates imitations, comme le coryphée de la convention académique, c'est lui qui a ramené nos peintres à l'étude de la nature et à la simplicité. On n'osa plus « casser une jambe avec gi'âce », on se

borna à « l'antique tout cru », et on ne le mit plus « à la sauce » (1). Le vif sentiment de la nature se retrouvait presque toujours chez David, lorsque, n'ayant pas à s'occuper du sujet, il se bornait à rendre et à interpréter un modèle, et il reste un de nos plus grands portraitistes.

Fig. 267. — officier de chasseurs de la garde impériale chargeant. Tableau de Géricault, au musée du Louvre.

Pour se rendre compte de la transformation qu'avait subie en quelques années l'école française, il suffit de comparer le tableau qui valut à David le second prix de peinture au concours de l'Académie, avec les prix de Kome décernés à ses élèves ou à

(1) « Tu vas à Kome, disait Boucher à son neveu David, lorsqu'il eut obtenu le prix de l'Académie : tu vas étudier l'antique ;mais à ton retour, je t'apprendrai à casser une jambe avec grâce. » David raconte que dans les ateliers de son temps, lorsqu'on avait aussi exactement que possible copié un antique, tout n'était pas fini ; il fallait forcer ses muscles, relever les soucils, etc., donner en un mot de l'expret$ion.

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