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SALONS DE 1810 ET

PRIX DECENNAUX. — GERICAULT. 641

Peyron, Mort du général Walfniherl. — Ingres, Œdipe et le Sphinx. — Carie Vemet^ Napoléon donnant des ordres avant la bataille d'Ausierlitz; Deux scènes de chasse; Une Course. — Delesclase, la Mort d'AsIyanax. — Paillot de Montabert, Geneviève de Bralant. — Quinze portraits de Koberb Lefebvre. — Plusieurs portraits officiels de Kinson. — Le Jeune, Un Bivouac avant Austerlitz. — Taunay (l'aîné), Entrée des Français à Munich; Cimahue et Giotto, etc. — Des œuvres diverses de Schnetz, Swebach, Callet. — Des tableaux de genre de Martin Drolling. — Boilly^ Lecture

Fig. 271. — Deux Amours, de Prndlioil.

du bulletin de la Grande Armée; Jeu de billard, etc. — Des fleurs, de Van Daël et de Van Spaendonck. — Moreau (le jeune) envoyait Soixante-huit dessins pour Molière, Gressel, Ovide, le Werther de Gœthe, etc. — Bertin obtenait une médaille d'or pour t,^?, paysages, qui ne valaient pas les neuf Paysages et animaux qu'exposait Demarne. — Granet avait envoyé trois vues de Rome. On remarquait aussi une Sainte-Marie t Égyptienne àefetc Greuze.

La plupart des œuvres importantes du salon de 1808, à la suite duquel on décora Gros et Prud'hon , furent admises au concours décennal.

Ce qui montre bien à quel point le préjugé de l'antique dominait alors, c'est que l'on réserva exclusivement le nom de Tableaux d'histoire aux sujets empruntés à l'antiquité sacrée ou profane. Ou daigna bien admettre les sujets modernes, mais on les fit concourir à part en les réunissant sous ce titre : Tableaux représentant un sujet

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honoraile pour le caractère national. Les faits empruntés à l'histoire de France étaient seuls acceptés, comme s'il était nécessaire que le sentiment patriotique vînt relever un genre de peinture inférieur par lui-même. Quant au genre, et au paysage, il n'en était même pas question. Heureusement les faits contemporains ne manquaient pas d'offrir de beaux sujets aux artistes, et Napoléon a eu sur les arts de son temps une influence des plus grandes, rien que par les inspirations qu'il leur donnait. Cette influence, il devait l'avoir également sur la littérature, mais plus tard alors qu'il ne serait plus là pour la tyranniser. Voici quels furent les tableaux qui concoururent pour le prix décennal :

Tableaux d'histoire : Les Sahmes, de David. — La Famille de Priam, de Qarnier. — Les Trois Ages, de Gérard. — Le Déluge et Atala, de Girodet. — Marais Sextus et Phèdre et Hippolyte, de Guérin. — Les Remords d'Oresie, d'IIennequin. — Télémaque dans Vile de Calypso, de Meyiiier. — La Juntlce et la Vengeance poursuivant le Crime, de Prud'hon. — Deux plafonds allégoriques, au Louvre, par Bertlielemi.

Tableaux représentant un sujet honorable pour le caractère national : Couronnement de Napoléon, de David. — L'Empereur saluant les blessés ennemis, de Debret. — Allocution de l'Empereur à ses troupes le 12 octobre 1805, de Gautherot. — L'Empereur recevant les clefs de Vienne, de Girodet. — Jaffa, Eylau, Ahouhir, par Gros. — Les Soldais du 76° retrouvant leurs drapeaux à Lispruch, par Meynier. — Révolte du Caire , par Guérin. — Passage du Saint-Bernard, par Thévenin. — Matin de la bataille d'Austerlilz, par Carie Vernet. .

Pour la première série de tableaux, le prix fut donné à Girodet, et David n'eut que la première mention. Dans la seconde section, le prix fut donné à David.

Deux ans après ce concours où triomphait le classique, la foule s'arrêtait au salon de 1812, avec plus d'étonnement que d'admiration, devant Y Officier des guides chargeant, qui était la première manifestation du talent d'un peintre de vingt ans, Théodore Géricault. « D'oii cela sort-il ? s'écriaDavid. Je nereconnais pas cette touche. » Il avait raison de ne pas la reconnaître. Il ne faudrait pas croire que le talent de Géricault ait été aussi méconnu que l'ont dit certains critiques. David ne niait pas le talent qu'il y avait dans cette toile. Il fut à peu près seul avec Gros et Gérard à en apprécier toute la valeur, et le jury, composé cependant des chefs de l'école ofiicielle, plus équitable que le public, lui accorda une médaille d'or (1). Deux ans après, il exposait son Cuirassier blessé quittant le feu, admirable pendant, mais dans un sentiment bien différent du brillant Officier de 1812. C'est pendant l'Empire que fut peint l'expressive figure du Carabinier, dont nous donnons également la gravure. Géricault ne devait prendre rang parmi les chefs de l'école française qu'après

(1) Au même salon de 1812, débutait AltY Sohkfîer {Atel et Thirza chantant les louanges du Seigneur') ; Steubes exposait son Pierre le Grand stir le lac Ladoga ; Heim, dont le prix de Home (1807) avait vivement attiré l'attention, l'Arrivée de Jacob en Mésopotamie ; Paillot de Mostabert, des portraits peints h la cire; Caminade, six portraits et Horace Verset, déjà remarqué en 1810, par sa Prise du camp retranché de Glaiz, obtenait une médaille de 1" classe pour son portrait équestre de Jérôme Bonaparte et d'autres tableaux. On remarqua surtout Briitus condamnant sesjils, de Lethièhe, dont l'esquisse avait paru au salon de 1808, et les débuts du paysagisteAcHlLLE-ExNA Michallon.

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