‹ Napoléon Ier et son tempsChapitre 280 sur 389 · PEINTURE MILITAIRE. — GENRE. — C. VERNET. — TAUNAY · texte numérisé non relu

PEINTURE MILITAIRE. — GENRE. — C. VERNET. — TAUNAY

seulement des sujets militaires. Presque tous les peintres de ce temps en ont traité. Quelques-uns, comme Swkbach, Axt. Taunay, Thévenin et Carle Vernet, et leurs émules plus jeunes, Hippolyte Lecomte, Adolphe Eohen, Horace Vernet, s'y adonnent plus spécialement. Carie Vernet peint la Bataille de Marengo et Napoléon devant Madrid (sujet traité également par Gros) et montre dans ses diverses batailles

Fig. 276.

Le Sommeil d'Ossian. Dessin retiaussé de couleur, par Ingres, reproduL^ut sa peinture du Quirinal. Musée du Louvre.

une habileté peu commune pour réunir l'agrément pittoresque et l'exactitude historique : on en peut juger amplement par les nombreux dessins de cet ouvrage (1); mais il est plus estimé par ses chasses, ses tableaux et dessins où il représente les Merveilleuses et les Incroyables, les scènes de la société mondaine. Aussi bien dans ces

(1) On peut rattacher à no3 peiatres militaires le Hollandais Laxgendik, qui représenta plusieurs scènes de la conquête de la Hollande par les Français, et surtout l'Allemand de Nordlingeu Albrecht Adam, qui prit part aux campagnes de 1809 et de 1812, et dont par conséquent les dessins on tableaux exécutés d'après ces événements ont une importance historique très grande.

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derniers sujets que dans ses batailles, il a l'occasion d'affirmer son goût pour les chevaux. Il a contribué plus que personne à faire abandonner, dans la représentation de « la plus noble conquête que l'homme ait faite », ces formes lourdes et conventionnelles, que le talent de Kaphaël avait consacrées et qu'on retrouve encore dans Van der Meulen. A ce titre son nom doit être rapproché de Gros et de Géricault.

BoiLLY est plutôt le peintre de la petite bourgeoisie et du peuple. Les autres peintres de genre les plus remarquables de ce temps sont : Maetin Drolling, Debucourt, M"" Marguerite Gérard (le meilleur élève de Fragonard), M™* Hersent, M""' Auzou. M'"" Haudebourg-Lescot, qui se distingue par la vigueur de son coloris, Le- MONNiER, Cochereau, mort à vingt-quatre ans, dont on a, au Louvre, un intéressant tableau représentant l'atelier de David (1).

Taunay place en général ses figures en plein air et mérite d'être compté parmi les bons paysagistes aussi bien que parmi nos peintres de genre et de sujets militaires. Parmi les paysagistes de profession, nous avons déjà parlé de Valenciennes et de Bertin ; dans un genre plus simple, Bidault, qui fut membre de l'Institut, Watelet lui-même, quoique ses paysages montagneux et ses chalets témoignent de plus de fermeté, ne s'élèvent pas en général au-dessus du médiocre. Il faut cependant faire une exception pour Michallon, qui, à l'âge de dix-sept ans, obtenait une médaille d'or au salon de 1812, pour des œuvres qui, par la fermeté du dessin et la vigueur du coloris, annonçaient une école nouvelle. Mais il devait mourir à vingt-six ans, sans avoir pu donner sa mesure. La peinture d'animaux est plus heureuse avec Huet, avec Demarne, qui sont en même temps les premiers de nos paysagistes à cette date. Il ne leur a manqué pour que leurs œuvres fussent disputées par les amateurs que d'être nés en Hollande ou en Flandre.

Il faut faire une place à part à Hubert Robert (1733-1808) et à ses ruines, qui témoignent d'autant de facilité de main que d'imagination ; il abuse malheureusement de cette facilité, surtout à la fin de sa carrière, mais il n'en reste pas moins au premier rang parmi les peintres d'architecture. Il est bien supérieur à Bouton, Cicéri, à Jean Alaux, qui se distinguèrent surtout dans la peinture théâtrale et recherchaient les grands effets de perspective et les jeux plus ou moins fantastiques de la lumière. FoRBiN, brillant officier qui quitta pour la seconde fois le service en 1 809 afin de se livrer à son goût pour les arts, s'est aussi distingué dans la peinture d'architecture. Il fut l'ami de Graxet, dont il protégea les pénibles débuts et qui a peint les figures de ses tableaux. Granet, coloriste puissant, quoique trop sombre, devait voir sa renommée croître avec le goût romantique.

La peinture de fleurs était représentée avec éclat par Van Dael et Van Spaen- DONCK, qui eut pour successeur, comme professeur d'iconographie végétale, au Jardin des Plantes, Redouté.

Van Daël et Spaendonck, outre leurs tableaux, ont peint une grande quantité de dessus de boîtes, de tabatières, avec une finesse exquise. La miniature était alors tout

(1) Les élèves, panni lesquels on reconnaît Schnetz, Dubois, Pagnest, etc., sont occupés à dessiner ou à peindre d'après un modèle nommé Polonais, célèbre alors dans les ateliers.

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