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MINIATURE. — PANORAMA

DECORATIONS. 651

à fait en honneur et les miniaturistes en vogue faisaient rapidement fortune ; à leur tête se plaçait Isabet. Maître de dessin de Marie-Louise, peintre du Cabinet de Napoléon, ordonnateur des fêtes et cérémonies de la cour, Isabey était plus qu'un miniaturiste. Ses dessins, imitant la gravure à la manière noire, la Barque (îlsahey, le Général Bonaparte à la Malmaison, la Revue du Premier Consul au Carrousel (1802), Napoléon visitant la fabrique ries frères Sevenne à Rouen, Napoléon

Fig. 277. — Intérieur de Tatelier de David. Peint par Cochereau. Musée du Louvre.

visitant la fabrique iV Oberkampf, le Conjres de Vienne, se distinguent autant par l'agrément de la composition que par la finesse de l'exécution. On considère comme son chef-d'œuvre l'aquarelle de l'Escalier du Louvre, dont nous donnons le fac-similé. Son talent a été mêlé à plusieurs grands événements ; ce fut lui qui dessina les décorations des différents grades de la Légion d'honneur. Il fit trente-deux dessins pour le sacre de Napoléon, donna le modèle des ornements de cette cérémonie et du costume impérial qui servit à Milan. A côté de lui, Augustin, Saint, Leguay, M"" Sophie Delacazette, Sicardi, Aubry, Dumont, se disputaient la faveur du public et pouvaient craindre déjà la rivalité de M'"" de Mibbel. Il est singulier que celui dont les œuvrer étaient certainement les plus belles en ce genre,

J. GuÉRiN, ait eu moius de succès auprès de ses contemporains que la plupart des peintres que nous ^•enons de citer. Cependant la miniature n'avait eu ni ne devait retrouver la puissance qui se montre dans les portraits de Kléber et de Bonaparte dont nous donnons la gravure. Elle semble, dans ces œuvres, s'élever au-dessus d'elle-même et atteindre la valeur d'expression et de style des portraits à l'huile.

Les autres genres secondaires étaient également représentés : le pastel, par jjme YiifCENT, par BozE et par Callet (1) ; l'aquarelle, par Ch. Cicéri, Attaque de Vienne en 1805^ à Versailles, et Bagetti dont on voit également à Versailles de nombreuses aquarelles militaires ; la gouache , par Valenciennes et par Prévost. Prévost est plus connu dans un genre de peinture bien différent et dont il peut être considéré, avec Fulton, comme l'inventeur, tant il le perfectionna : le panorama. Prévost ne peut être oublié dans l'histoire de notre armée, à cause des sujets qu'il a choisis. Il peignit, sur des toiles ayant 120 mètres de développement circulaire, le Camp de Boulogne, VEntrevue de Tilsit, la Bataille de Wagram. Mais il comprit que le panorama convient surtout à la représentation des villes et des paysages. Des vues de Paris, de Eome, de Naples, Amsterdam, Anvers, Londres, Jérusalem, Athènes, portèrent presque du premier coup le panorama à sa perfection. David disait à ses élèves en visitant les premiers panoramas de Prévost : « C'est ici, Messieurs, qu'il faut venir étudier la nature. » La peinture de décoration théâtrale n'avait pas dégénéré depuis Servandoni. Charles Cicéri (1782-1868) était nommé à vingt-huit ans peintre et décorateur en chef de l'Opéra. Il fit entre autres, sous l'Empire, les décorations de la Vestale, à^Armide, à' Achille à Scyros. Il y eut pour émules Bouton, Daguerre, Jean Alaux.

Dessinateurs et graveurs. — Le panorama et la peinture théâtrale, aussi consciencieusement comprises, étaient de nature à répandre le goût des arts; il en était de même des livres à figures et des estampes, dont la vogue était croissante ; aussi les dessinateurs étaient-ils nombreux. Les peintres les plus célèbres y prenaient rang, et l'on aurait une idée incomplète du talent de Prud'hon, si l'on ne connaissait tous ses dessins allégoriques et mythologiques ; on n'apprécierait pas ce qu'il y avait de délicatesse et de sentiment dans l'imagination parfois trop littéraire en tant que peintre de Girodet, si l'on n'avait vu ses nombreuses compositions inspirées d'Anacréon, de Virgile (2), de Eacine, d'Eschyle, Sophocle, Sapho, etc. IsABEY, BoiLLY, SwEBACH, Carle Vernet sout aussi counus comme dessinateurs que comme peintres. Moreau, Saint-Aubin, Boissieu, Duplessis-Bertaux continuaient la tradition du dix-huitième siècle, en la modifiant habilement suivant le goût du jour, conservant toute l'activité de leur crayon et de leur burin et maintenant dignement leur place parmi les dessinateurs comme parmi les graveurs (3).

(1) Callet, connu d'ailleurs par ses grandes peintures à l'huile, se servait du pastel, qui jusqu'alors avait été consacré au portrait, pour traiter des compositions importantes. En 1812 il exposait quatre pastels, représentant la Prise d'Vlm, l'Entrée de Napoléon à Varsovie, la Famille Je Coriolan, Achille chez Nicomhde,

(2) Cinquante sur Anacréon, deux cent cinquante sur Virgile.

(3) Henri Delaborde, la Gravure. — Gerspach, les Procèdes de la gravure , dans la Biblicthèqm de

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