‹ Napoléon Ier et son tempsChapitre 282 sur 389 · DESSINATEURS. — GRAVEURS. — BERVIO. — TARDIEU · texte numérisé non relu

DESSINATEURS. — GRAVEURS. — BERVIO. — TARDIEU

On a remarqué que, le plus souvent, chaque grande école de peinture avait provoqué la formation d'une école de graveurs : Raphaël , Poussin , Rubens. Il en fut de même, dans une certaine mesure, de l'école de David. La gravure française, qui avait maintenu sa supériorité pendant le dix-huitième siècle, devait se rattacher à la réforme de David, plus par le sujet que par la manière, et devait conserver son originalité. L'influence de David, qui ne s'exagéra point, fut certainement bonne et tendità maintenir dans nos graveurs le goût des qualités sérieuses, au moment où les succès de l'école

>ig. 278. — Paysage. Tableau de de Marne. Au musée du Louvre.

anglaise qui s'était formée avec WooUet pouvait les entraîner dans une recherche du pittoresque et des effets de détail. Massard le père (1740-1822), qui gravait la Mort de Socrate de David, conservait cependant ses hautes qualités de graveur coloriste, qui avaient fait sa réputation dans ses planches d'après Van Dyck et Greuze. Boucher-Desnoyers (1779-1815) reprenait, d'une manière un peu froide, les nobles traditions des grands artistes français du dix-septième siècle. Il établissait sa réputation par sa gravure de la Belle Jardinière (1804). Abraham Girardet

renseignement des beaux-arts, publiée sous la direction de M. Jules Comte; Quantin, éditeur. plessî^, Histoire de lu gravure.

Du-

et KiCHOMME s'attaquaient aussi avec succos à Raphaël. Le même souci du style était joint à plus d'originalité dans Tardieu et Bervic, déjà célèbres en 1800. On retrouve dans les planches de Tardieu (1757-1822) une fermeté de burin héréditaire dans cette famille déjà célèbre dans les arts au temps de Louis XIV. Bervic

(1756-1822) pousse peut-être trop loin sa merveilleuse habileté; mais l'Éducation d'Achille,, d'après Eegnault , l' Enlèvement de Dêjanire , d'après le Guide, comptent pamii les plus belles gravures de l'école française, et c'est avec raison qu'on accorda à la seconde le prix décennal. Tardieu et Bervic avaient participé au mouvement général des arts dont David était devenu le chef; mais ils étaient ses condisciples plus que ses élèves. Ils ont repris, sans conteste aujourd'hui, malgré l'engouement qu'obtint pendant quelque temps la manièçG anglaise, une estime que n'ont pas complètement retrouvée ceux qui ont suivi l'auteur des Salines, tels que Massard le fils,

RiCHOMME, MOREL, BlOT (1).

Le peintre Prudhon n'a fait qu'une gravure^ Phrosine et Mélidor , pour une édition de CArt d'aimer de Gentil Bernard, mais c'est une œuvre qu'envieraient les graveurs de profession et où il se montre supérieur à la plupart d'entre eux par l'originalité de l'exécution. Les graveurs français de ce temps sont les premiers de l'Europe. Déjà se préparait le talent qui allait maintenir mieux encore la suprématie de la gravure française, dont il est encore au-

Fig. 279. — Trajan. Fac-siniiL- d'une gravure de P. Bouillon pour le Musée des Ântiqites,

(1) Outre YAcliille&t l'Enlèvement de Déjanire, les plus célèbres planches de Bervic sont le Laocoon et lAjuit XVI. d'après Callet. On remarque, dans l'œuvre de Tardieu, l'Amour et Psyché, d'après Gérard ; Ruth et Booz et surtout l'Abdication de Gustave Wasa, d'après Hersent, qui font penser à Edelink et à Nanteuil. Massard le fils a gravé les Sabines de David, l'Alala et V Ilippocrute de Girodet. Eicliomme a surtout pris Raphaël pour modèle (la Vierge de Lorelle, la Sainte Famille, etc.)- L'Andromaque de Guérin est cependant un de ses meilleurs ouvrages. Les gravures mentionnées dans les rapports de l'Institut sur les prix décennaux, furent : Bervic, l'Enlèvement de Déjanire, qui obtint le prix ; Blot, Marcus Sextm, d'après Guérin; Desnoyers, le Bélisaire de Gérard et la Belle Jardinière; Morel, le Bélieaire de David, et le Serment des Iloraces du même; Tardieu, le Saint-Michel de Raphaël.

CRIHIQUE ARTISTIQUE.

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