DIAMANTS DE LA COURONNE. — MODE
au baptême du roi de Kome, et le surtout en vermeil offert à Napoléon par la ville de Paris. Ces deux ouvrages avaient été exécutés d'après les dessins de Percier. Audessous de Thomire et d'Odiot, on peut, outre Biennais, mentionner Ravrio, Dela-
FONTAINE, DaMERAT, CaHIER, ChÉRET.
La bijouterie d'or et d'argent avait pour ainsi dire disparu pendant la Révolution ; elle reparut à partir de 1797, et, sousTEm pire, à l'exemple de la cour, les écrms lede vinrent forts riches (1).
Lorsqu'on mit fin au pillage du garde-meuble, qui avait été tranquillement continué, en 1792, pendant plusieurs nuits de suite sans que les voleurs eussent été même dérangés dans
Fig. 287. — Berceau du Roi de Rome, exécuté en vermeil, burgan et nacre par Mil. Odiot et Thomire, d'après les dessins de Prud'hon et Cavelier.
leur opération, et qu'on fit l'inventaire du trésor des joyaux de la Couronne, au lieu d'une valeur de 30 millions, il n'en restait plus que 250.000 francs. Dans les recherches que l'on fit alors, on trouva, sous un pont, des brigands qui se parta-
(1) On Tit aussi renaître le luxe des voitures, supprimées par la Révolution.
KAI'OLKON i".
geaient des diamants à poignées. Plus tard, le Eégent fut découvert dans uu cabaret. Il reparut pour la première fois, dans une cérémonie publique, à l'épée du Premier Consul. On était loin d'avoir tout retrouvé. Napoléon voulut reconstituer l'ancien trésor royal dans sa richesse primitive, et, en 1811, il promulguait un décret tendant à affecter six millions à l'achat de pierres précieuses pour la Couronne. Dans ces six millions ne sont pas compris les joyaux qu'il avait achetés sur sa cassette particulière. Lorsque Marie-Louise partit pour Blois, en 1814, elle emporta les diamants particuliers de l'Empereur, représentant une valeur de 600.000 francs. L'empereur d'Autriche, François I'', les rendit plus tard, non à Napoléon dont ils étaient cependant la propriété privée, mais au roi Louis XVIII (1).
Les bijoux du temps de l'Empire prennent principalement pour modèles les bijoux que l'on découvre dans les fouilles de Pompéi, et se plaisent aussi à imiter les Etrusques et les Egyptiens. Les modes, moins excentriques et plus réservées que sous le Directoire, avaient conservé les mêmes lignes générales et cherchaient à se rapprocher de l'antique. Il n'y a rien qui paraisse vieux et ridicule comme les modes de la veille ; mais depuis que de nombreuses années nous ont séparés des tailles courtes, des longues tuniques et des coiffures h la Titus, il semble que ces costumes en valent bien d'autres, du moins pour les costumes d'intérieur et les costumes de fêtes. Nous ne défendrons pas les extravagances des merveilleuses, ni même les turbans de M""' de Staël. Mais il suffit de regarder des portraits de Gérard, pour reconnaître que les modes qui ont suivi auraient tort de se moquer des costumes de l'Empire; elles ont été en général beaucoup plus compliquées, sans être plus gracieuses. Les uniformes civils et militaires méritent surtout d'occuper l'attention ; les modèles de plusieurs d'entre eux furent devinés par David; les bijoutiers, comme les orfèvres, travaillent d'après les dessins de Percier et de Fontaine. Ces deux architectes furent également les directeurs des décorations de l'Opéra.
Musique. — Art dramatique. — Napoléon avait tenu à relever l'Opéra, ruiné par la Révolution (2). Il aimait la musique, comme l'aiment les Italiens; mais la musique sérieuse et dramatique avait ses prédilections. Il a eu sur la musique de son temps nue influence notable, directe, qui n'a pas toujours été remarquée. Il a plus d'une fois forcé la main à l'administration de l'Opéra, pour lui faire jouer des œuvres qui représentaient alors la musique de l'avenir. Comme les philosophes anciens, et comme les assemblées de la Eévolution, il attribuait à la musique une grande influence morale, et il croyait du devoir du gouvernement de s'en occuper. Il écrivait, le 8 thermidor an V (6 juillet 1797), aux inspecteurs du Conservatoire de musique de Paris : « De tous les beaux-arts, la musique est celui qui a le plus d'influence sur les passions, celui que le législateur doit le plus encourager. Un morceau de musique morale fait de main de maître touche immanquablement le sentiment, et a beaucoup
(1) G. Bapst, lei Diamants de h. Couronne.
(2) Fétis, continué par Pougin, Dictionnaire bioffraphique îles musiciens. — Henri Lavoix, Histoire de la musique (dans la Bibliothèque de l'enseignement des beaux-arts). — Chouquet, Histoire de la musique dramatique en France.