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REVOLTE DE PAVIE

pendant trois heures an pillage que réclament les soldats (2G mai). Ce fut une exécution militaire impitoyable. Cependant Bonaparte, voulant montrer, même dans ce grand trouble, son respect pour toutes les

Fig. 25. — Itévulte de ravie. Teint par llailet , litliograpiiié par Llanla.

gloires italiennes, eut soin de faire préserver les maisons du naturaliste Spallanzaiii et du physicien Volta.

Bonaparte reprit sa marche le 28 mai et arriva à Brescia, sur le territoire vénitien. Mais la révolte de Pavie était un avertissement et il tint plus fermement encore la main à ce que les populations fussent

aussi ménagées que les circonstances le permettaient. 11 fit afficher à Brescia une proclamation où on lisait :

« Peuples d'Italie, l'armée française vient rompre vos chaînes ; le peuple français est ami de tous les peuples, venez au-devant de lui. Vos propriétés, vos usages, votre religion seront respectés ; nous ferons la gueiTe en ennemis généreux et seulement aux tyrans qui vous tiennent asservis. »

Venise protesta contre la violation de son territoire, mais Bonaparte ne faisait que demander le passage qu'on avait déjà accordé à Beaulieu. Venise, en effet, n'avait pas défendu sa neutralité contre le général autrichien et lui avait laissé forcer les portes de la citadelle de Peschiera. Aussi, sans tenir compte de ces protestations, les Français franchirent le Mincio. Le pont de Borghetto est enlevé comme le pont d^ Lodi, et l'ennemi est repoussé sur les hauteurs de Valeggio.

Quelques faits intéressants se rattachent à cette affaire : soixante grenadiers avaient eu l'audace de traverser la rivière sous le feu de l'ennemi en portant leur fusil sur leur tête et ayant de l'eau jusqu'au cou. Le succès de la jourbée fut décidé par la cavalerie française, que Bonaparte osa, pour la première fois, lancer contre la célèbre cavalerie autrichienne ; Murât conduisait nos escadrons. Au milieu de sa victoire, Bonaparte faillit être pris à Valeggio même , par l'aile gauche de • Beaulieu, que Masséna laissa passer. Il n'eut que le temps de fermer la porte cochère de la maison qu'il occupait et de s'enfuir par les jardins. Il comprit alors la nécessité de créer un corps chargé spécialement de la sûreté du général en chef : ce fut l'origine des guides.

Cependant Beaulieu se retirait vers le Tyrol. Bonaparte occupe les places vénitiennes de Vérone et de Legnano, ce qui lui assure la ligne de l'Adige, et enferme dans Mantoue douze mille Autrichiens. Les vaincus s'expliquaient à peine leur défaite.

Napoléon aimait à parcourir seul, la nuit,, les postes et les bivouacs, pour juger de la situation et des dispositions de ses soldats. Il interrogeait aussi les prisonniers, que les Français, après la bataille finie, traitaient presque en camarades : Napoléon raconte lui-même qu'in-

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