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CONSÉQUENCES COMMERCIALES ET INDUSTRIELLES. G

telles que l'indigo, la cochenille, les huiles de poisson, les bois des îles, les cuirs. Les bâtiments français à licence étaient encore obligés d'exporter des marchandises françaises d'une valeur égale à leur cargaison de retour. Une telle mesure était absurde, car les produits français n'étaient pas reçus en Angleterre.

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Gravure de la collection Hennin.

« Le négociant, obligé de perdre la valeur entière des marchandises françaises qu'il exportait, vend<iit en conséquence le sucre et le café qu'il rapportait d'Angleterre; le consommateur français payait le montant des produits dont il n'avait pas joui (1). »

Les consommateurs du continent étaient portés néanmoins à s'approvisionner en Angleterre, à cause de la baisse des prix et du change. Il y eut de grandes fortunes faites grâce aux licences. Napoléon les accordait pour le profit du fisc et dans l'intention do s'approprier une part dans le monopole qu'exerçait l'Angleterre aux dépens du continent. « Pour l'année 1813, ne pouvant plus espérer la paix de la détresse de l'Angleterre, et n'ayant à l'attendre que des batailles qui allaient se livrer en Allemagne ; voulant, de plus, rendre aux villes de Bordeaux, de Nantes, du Havre, de Marseille, quelque activité commerciale. Napoléon avait accordé une quantité de licences

(I) Clément, Hittoire du tyttème protecteur.

telle, qu'on pouvait considérer comme presque rétabli le commerce avec l'Angleterre, et qu'il s'était cru autorisé à évaluer à 100 millions l'impôt ordinaire des douanes. Aussi les rôles étaient-ils intervertis, et tandis que, deux années auparavant. Napoléon torturait l'Europe pour interdire les relations avec l'Angleterre, c'était l'Angleterre maintenant qui, s'apercevant des avantages que procuraient à son ennemi les communications par licences, travaillait à les rendre impossibles (1 ). »

Cependant le blocus a eu momentanément sur l'industrie une influence heureuse. D'ailleurs l'Assemblée constituante avait pris deux mesures qui étaient venues donner une nouvelle impulsion à l'esprit des inventeurs : elle avait aboli les corporations, jurandes et maîtrises, et créé les brevets d'invention.

Aussi, pendant la période du blocus, les manufactures de la France, surtout, furent en grande activité; mais ce mouvement s'étendit au continent tout entier. C'est alors que la fabrication du coton et de la laine prit en Saxe un si rapide essor, particulièrement à Chemnitz.

Le blocus ne faisait guère que replacer la France dans les conditions où elle s'était trouvée pendant la Révolution, lorsque, toutes les nations s'étant coalisées contre elle, elle avait été obligée de se suffire avec ses propres ressources. Les industries chimiques réalisèrent des prodiges.

De toutes ces découvertes inspirées autant par le patriotisme que par l'intérêt industriel, il faut placer au premier rang l'invention de la soude artificielle, qui nous permit, tout d'abord, de nous passer des soudes d'Alicante, de Malagaet de Carthagène. Le procédé fut découvert avant la Révolution; mais c'est alors seulement qu'il devait se développer. Cette invention renouvela l'industrie de la France, puis du monde entier. Elle ne donna à son auteur ni la richesse ni même la gloire. Il semble même que l'infortune l'ait poursuivi par delà la tombe. Les chimistes à peu près seuls connaissent le nom de Nicolas Leblanc (1753-1806). Jean-Baptiste Dumas disait, à l'inauguration du monument qui lui a été tardivement élevé à Issoudun, sa patrie :

« On étonnera beaucoup de personnes si on leur apprend que les deux plus grandes nouveautés économiques du siècle sont la machine à vapeur (perfectionnée) et

(1) Thiers, 3ittoire du Consulat et de l'Empire.

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