WINKOAVO. — MALO-JAROSLAWETZ. — ROUTE DE MOJAISK
rompirent l'armistice : Napoléon traça successivement plusieurs plans de retraite.
Le 18 octobre, Murât fut attaqué à Winkowo par Kutusof, perdit 3 ou 4.000 hommes, 12 canons, 30 fourgons ; son avant-garde fut détruite. A cette nouvelle, Napoléon retrouva le feu de sa jeunesse; il dorme aussitôt des ordres ; du 8 au 23, 90.000 hommes quittent Moscou avec 600 canons, 2.000 caissons et 50.000 non combattants. Le 19,
l'ig. sur. — Ettraitc de l'armée fiauçaise de Moscou, l'au 1812. Gravuie allemaude de l'cpoque.
il sort de la ville, qu'il voulait évacuer dès le 16. « Marchons sur Kalouga, dit-il, et malheur à ceux qui se trouveront sur mon passage ! » Entré dans Moscou avec 90.000 combattants et 20.000 malades et blessés, il en sortait avec 100.000 combattants et ne laissait que 1.200 malades. Il avait encore 550 canons, 2.000 voitures d'artillerie. Derrière eux, venaient une foule de chariots remplis de trophées, parmi lesquels la gigantesque croix d'argent du grand Ivan, des brouettes chargées de butin et traînées par des maraudeurs.
En trompant Kutusof, on put passer de la vieille route de Moscou sur la nouvelle (23 octobre) ; on eût pu atteindre Malo-Jaroslawetz
en quatre jours ; on en mit six. Un brillant combat où 18.000 Franco- Italiens, sous le prince Eugène, repoussèrent 50.000 Russes, nous donna la ville et la plaine. Mais nous avions perdu 4.000 hommes, et 7 généraux, parmi lesquels Delsons, et Kutusof s'était établi sur un plateau à l'entrée des forêts, avec 126.000 hommes et 700 canons; il nous barrait les routes de l'ouest et du sud-ouest sur Medyn et Kalouga. A Malo- Jaroslawetz, Napoléon tint conseil. Murât, comme toujours, proposa de charger; Bessières en détourna l'Empereur, qui se décida à battre en retraite. Davout fut d'avis de passer par Medyn et Smolensk, « sur un sol fertile, une route vierge, nourricière, grasse, dans des villages encore debout, par le chemin le plus court ». Mais, sur la nouvelle d'un petit engagement avec les Cosaques, et sur l'avis presque unanime de ses généraux, Napoléon se décida pour la route de Mojaïsk, la route du nord, et cet ordre lui coûta tant, qu'il s'évanouit en le donnant. Il sentait tout le danger qu'il y avait à reprendre une route épuisée déjà par le premier passage de l'armée, mais il avait perdu sa confiance en lui-même.
Au moment où les Français reculaient, Kutusof se retirait justement vers le sud, malgré l'Anglais Wilson qui le pressait de livrer bataille. Kutusof pensait qu'il valait mieux faire à l'ennemi « un pont d'or » pour se retirer que de compromettre l'armée et l'empire avec elle. « Napoléon ne fuit-il pas? disait-il; pourquoi l'arrêter, le forcer à vaincre? Le temps suffit contre lui ; de tous les alliés de la Russie, l'hiver est le plus sûr; il faut attendre son secours. » Ses troupes se hâtèrent, encombrant le passage. Napoléon aurait pu les écraser, mais il ne songeait plus qu'à regagner la France. Le 26 octobre, la retraite commença.
A Vereïa, l'Empereur fut rejoint par Mortier, qui venait de Moscou ; il n'en était sorti qu'au dernier moment, après avoir fait sauter le Kremlin. En rejoignant Napoléon, Mortier lui amena Wintzingerode, qu'il avait fait prisonnier, et que les Cosaques reprirent en Lithuanie. Napoléon fut obligé de protéger sa retraite, de la même manière que les Russes avaient combattu son invasion; il incendia les villes.
Le 28 octobre, on fut à Mojaïsk, qu'on dépassa aussitôt en abandonnant une partie