MOXTMIRAIL. — VAUCHAMPS. — DESASTRE DE BLUCHER
les 24 canons qui l'accompagnaient. « Olsouvieff lui-même, continue
Fîg. 338. — Étude de Ch,-L, Muller pour son tableau Vice l'Empereur ! (30 mars 1814), qui parut à l'Exposition universelle de 1855. (Dessin au musée Wicar, k Lille.)
le général de Ségur, fut saisi au milieu des bois par un simple chasseur de six mois de service. Ce conscrit, quelque chose qu'on pût lui
dire, ne voulut pas lâcher prise qu'il n'eût conduit ce général à l'Empereur. Il le lui remit de sa main, et Napoléon le décora. »
Par cette victoire, l'armée de Silésie se trouvait coupée en deux. Sacken revenait en toute hâte de la Ferté *sur Montmirail. Blucher avait donné l'ordre au général York, qui se tenait à Château-Thierry, de lui porter secours ; en même temps, il appelait à lui les corps de Kleist et de Langeron qui se trouvaient à Châlons. Mais, avant qu'il eût pu concentrer ses troupes. Napoléon avait écrasé Sacken à Montmirail et lui avait fait perdre 4.000 hommes et 26 canons (11 février). Victoire complète, mais chèrement payée. A un moment où Napoléon manquait d'officiers pour dresser les recrues que lui envoyaient les dépôts, il en perdait plus de quarante dans cette seule bataille. Le général York, accouru trop tard, ne put que recueillir les débris du corps de Sacken, avec lesquels il se replia sur Château-Thierry. L'ennemi essaya en vain d'arrêter Napoléon en avant de cette ville. Il fut culbuté, obligé de l'évacuer et de se replier sur la route de Fismes (12 février). Napoléon laisse la poursuite à Mortier et aux paysans exaspérés : il faut qu'il rejoigne en toute hâte Marmont, chargé seul de retarder la marche de Blucher à Etoges et à Vertus. Marmont avait été obligé de reculer jusqu'à Vauchamps. Blucher comptait bien l'écraser, lorsque, le 14 au matin, il reconnut la présence de Napoléon. Il ordonne aussitôt de battre en retraite sur Châlons, mais il est poursuivi avec tant de vigueur qu'il perd 10.000 hommes et 20 canons. « Le prince Auguste de Prusse, Kleist, Kapsewicz, Blucher lui-même, dit encore Ségur, n'ont un instant pour refuge que quelques buissons sous lesquels ils se dérobent à nos sabres. C'est un fait que tous ces chefs eussent été pris sur place et que peut-être la France eût été sauvée par cette charge, si la nuit et les hasards d'une mêlée aussi confuse ne les eussent pas cachés à la vue de nos cavaliers victorieux! L'excès du désordre les préserva. »
Blucher atteignit enfin Châlons, où il rallia les corps de Sacken et d'York. En six jours, l'armée de Silésie avait perdu 40.000 hommes et 100 canons ; mais elle recevait des renforts de l'armée du Nord,