BATAILLE DE PARIS. — CAPITULATIOX
laissée aux 15.000 soldats de Marmout, à 10.000 gardes nationau.x, et aux élèves de l'École polytechnique. Tous les membres de la régence, à l'exception de Joseph, avaient pris la route de Blois.
Telle était la situation de Paris au moment où les alliés paraissaient à ses portes, le soir du 29 mars.
Marmont et Mortier se mirent en toute liâte à organiser, comme
Jig. 345. — Bivouac des Cosaques, dans les Champs- iÉIysées, à Paris, D'après uue aquarelle de G-. Opiz.
(Collection Hennin).
ils pouvaient, la défense. Le premier se plaça à Romainville, où il résista avec succès à l'attaque des Russes ; Mortier leur disputa Aubervilliers. Mais Blucher, ayant occupé Pantin, Montmartre et la Villette, tourna les positions des deux maréchaux. Joseph craignit même de se voir couper la route de Blois et, après les avoir autorisés à entrer en pourparlers avec l'ennemi, il se hâta de quitter Paris. A ce moment, arrivait un aidé de camp de l'Empereur, le général Dejean, pour encourager î\ tenir encore vingt-quatre heures et annoncer l'approche de Napoléon. La bataille recommença.
SAPOLEOX I".
Marmont est chassé du plateau de Romainville et refoulé dans Belleville, tandis que Mortier reculait pas à pas dans la Villette et que le maréchal Moncey était sur le point de perdre la barrière de Clichy, raalo-ré une défense restée justement célèbre. Marmont fit demander un armistice au prince de Schwartzenberg. Schwartzenberg consentit à arrêter l'attaque, mais à condition que Paris capitulerait dans la soirée, et qu'on livrerait immédiatement les hauteurs aux coalisés. Ceux-ci savaient que Napoléon accourait à marches forcées sur Paris. Ils se montrèrent donc faciles sur les articles de la capitulation, laissèrent à l'armée ses armes à condition qu'elle évacuerait Paris et promirent de laisser à la garde nationale la police de la ville, qui serait traitée avec les plus grands ménagements (30 mars 1814).
Cependant Napoléon dans sa marche vers l'Est s'était arrêté à Saint-Dizier. Ses généraux murmuraient contre le dessein qu'il avait formé et qu'ils appelaient une folie. Il ne pouvait affirmer que les armées coalisées le suivaient. Résolu à s'en assurer, il attaqua avec vigueur à Vitry la cavalerie de Wintzingerode, et, n'ayant pas trouvé devant lui de résistance sérieuse, il en conclut que les alliés étaient en marche sur Paris. Les prisonniers ennemis le confirmèrent dans cette opinion. Il revint donc en toute hâte sur ses pas et, apprenant en route la défaite de la Fère-Champenoise, il quitta l'armée, et, le 30 au soir, arriva à Fromenteau, le dernier relais avant d'arriver à Paris. Pendant qu'on relayait en hâte à l'auberge de la Cour de France, Napoléon, qu'on ne reconnaissait pas, vit passer quelques soldats harassés de fatigue et dans un affreux délabrement. Napoléon se fit connaître et apprit du général Belliard que Paris avait capitulé. Napoléon restait impassible ; autour de lui les officiers pleuraient. II était 10 heures du soir. En réalité, la capitulation ne fut définitive que le lendemain, 1" avril, à 2 heures du matin. Napoléon voulait rentrer .immédiatement à Paris, mais Caulaincourt le retint et partit lui-même avec l'ordre d'ouvrir, s'il était possible, des négociations, afin de donner à l'armée le temps d'arriver, et, par une vigoureuse attaque sur Paris, de regagner la partie perdue. En même temps, il prescrivait à