GOUVERNEMENT PROVISOIRE. — DECHEANCE
Pendant que ces événements se passaient à Paris et amenaient la chute du trône impérial, ÎSÎ^apoléou se tenait à Fontainebleau. Son armée s'était ralliée autour de lui, entre l'Essonne et cette ville, et comptait plus de 50.000 hommes. Les jeunes officiers et les soldats se
Fig. 346. — L'Empereur Napoléon.
montraient pleins d'enthousiasme pour marcher sur Paris. Les alliés n'étaient pas tranquilles, à Paris, tant que Napoléon se trouvait dans les environs avec une force armée quelconque ; ils avaient toujours à se prémunir contre quelque coup imprévu de son génie. Ils songèrent même un moment à se retirer sur Meaux. D'ailleurs, ils étaient loin d'être rassurés par l'attitude des Parisiens. Ils savaient bien qu'ils
n'avaient été bien accueillis que par la classe la moins nombreuse, celle qui ne fait point de barricades. Aussi entretenaient-ils des intelligences avec les maréchaux. De ce côté, ils ne réussirent que trop bien. Le 4 avril, Napoléon fit connaître à l'armée son projet de tenter une attaque sur Paris. Il fut acclamé. Mais à peine de retour au palais, il y fut rejoint par Ney, Lefebvre, Oudinot, Macdonald. Les maréchaux lui déclarèrent hautement que son projet était inexécutable, et il y en eut qui s'oublièrent jusqu'à insulter leur général.
Napoléon se décida à signer son abdication, sur leur promesse de faire proclamer son fils. » Caulaincourt , Ney et Macdonald se rendirent donc à Paris pour plaider la cause de Napoléon IL En passant à Essonne, ils devaient prendre le duc de Eaguse, qui s'excusa en déclarant qu'il négociait avec Schwartzenberg et consentit cependant, sur leurs instances aveugles, à les accompagner chez l'empereur Alexandre, Les deux maréchaux et Caulaincourt plaidèrent la cause de Napoléon II au nom de l'armée, montrèrent qu'elle ne désirait pas d'autre gouvernement et méritait bien qu'on se rendit à ses voeux,... que le petit-fils de l'empereur d'Autriche offrait toute garantie à l'Europe. Peut-être allaient-ils triompher, lorsque, pendant la discussion qu'avait à ce sujet le Czar avec le roi de Prusse, un oificier russe vint apprendre aux deux souverains que l'armée que commande Marmont vient de faire défection et d'abandonner sa forte position au confluent de l'Essonne. Le Czar répondit alors aux maréchaux que les alliés connaissaient à présent les sentiments de l'armée, qu'elle était loin de se prononcer unanimement en faveur de l'Empire, et qu'elle venait justement d'abandonner Napoléon. Les ambassadeurs se retirèrent consternés.
Le fait est que Marmont s'était engagé, le 3 avril, la veille même de l'événement,avec le prince de Schwartzenberg, à quitter la forte position de l'Essonne. Son état^ major en était averti et l'avait approuvé. En suivant à Paris les envoyés de Napoléon il ne laissa aucun ordre, et Souham, qui commandait en son absence, crut que tout était découvert, lorsque les aides de camp de Napoléon vinrent lui dire qu'il demandait Marmont, ou, à son défaut, celui qui le remi^laçait. Souham, craignant d'être arrêté s'il se rendait à Fontainebleau, s'entendit avec ses collègues, et, dans la nuit du 4 au 5, fit marcher l'armée sur Versailles. Ce fut cette nouvelle qui décida les souverains alliés à