NAPOLÉON A L'ILE D'ELBE. — RETOUR EN FRANCE
d'une absence du commissaire anglais, Napoléon s'embarqua le 26 février 1815 avec 900 hommes. Il était monté lui-même sur le brick l'Inconstant, qu'accompagnaient trois petits bâtiments , saisis dans le port de l'île. Bertrand, Cambronne et Drouot étaient partis avec lui. Déjà, à la fin de 1814, une vaste conspiration dirigée par les sociétés secrètes s'était formée en Italie, pour rendre à Napoléon le gouver-
Fig. 351. — Descente de la statae de NapoL-ou de la colonne triomphale sur la place Vendôme. D'après un dessin de G. Opiz.
nement de la Péninsule, où la réaction oubliait toute mesure ; d'autre part, quelques généraux de l'Empire avaient formé un complot contre le gouvernement de Louis XVIII. On avait fait croire aux hommes d'exécution engagés dans l'entreprise qu'ils préparaient le retour de l'Empereur, quand ils travaillaient en réalité pour le duc d'Orléans. Mais, le 1" mars. Napoléon débarquait au golfe Juan, près de Cannes. Il rencontra sur la route le prince de Monaco : « Où allez-vous ? — Chez moi. — Moi aussi. »
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Alors commença cette marche sur Paris qui est un des faits d'armes les plus prodigieux de la carrière de Napoléon. Le commandant d'Antibes n'avait pas répondu à ses sommations ; il se mit en marche immédiatement, évitant la plaine, dont les habitants, depuis longtemps hostiles à la Révolution, lui auraient à coup sûr résisté. Le maire d'un des premiers villages qu'il rencontra lui avait dit : « Nous commencions à être tranquilles, et vous allez de nouveau tout bouleverser. »
Fig. 352. — Vue de Porto-Ferrajo, Gravure du temp?.
Lorsque Napoléon était dans tout l'éclat de sa puissance, ne voyant autour de lui que des adulations que Louis XIV avait àpeine connues, il demanda un jour : « Que pensez-vous qu'on dira de moi lorsque je serai mort? » Et comme chacun cherchait une réponse flatteuse : « Vous n'y êtes pas; on dira « Ouf! ». Au lieu de gagner la grande route de la vallée du Rhône par Marseille, il prit la route de la montagne à travers le Dauphiné, qu'il pensait lui être dévoué et où il avait l'avantage de ne pas rencontrer de troupes considérables avant Grenoble. La plus grande rapidité était la condition du succès : il fallait frapper les esprits et ne pas laisser le temps au gouvernement de la Restauration et aux partisans du Roi de Rome, — que l'Empereur craignait très fort