‹ Napoléon Ier et son tempsChapitre 357 sur 389 · ARRIVÉE A LA MURE. — LABÉDOYÈRE. — PROCLAMATIONS · texte numérisé non relu

ARRIVÉE A LA MURE. — LABÉDOYÈRE. — PROCLAMATIONS

et non sans motifs (1), — de préjjarer la résistance. C'est à la Mure, entre Gap et Grenoble, qu'il rencontra pour la première fois des troupes française^ Le moment était décisif. Il donne l'ordre à ses grenadiers de mettre leur arme sous le bras gauche , la baïonnette en bas, s'avance seul à plusieurs pas de sa petite troupe et s'écrie : « Soldats dû 5° de ligne, me reconnaissezvous ? — Oui !

oui ! » Puis découvrant sa poitrine :

« S'il en est un seul parmi vous qui veuille tuer son général, son Empereur, il le peut, me voilà!

— Vive l'Empereur! )) répondent les soldats, qui se mêlent aux troupes de l'île d'Elbe et vont chercher au fond de leur sac la cocarde tricolore qu'ils y tenaient cachée. Au

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Fig. 863. — Carte indiquant la marche de Napoléon sur Paris en 1816.

(I) Il avait été question au congrès de Vienne de le transporter aux Açores ou à Sainte-Hélène. On sait par les Mémoires de Rovîgo que le parti qui voulait établir une régence en faveur ^e Marie -Louise,

delà de la Mure il rencontre le 7° de ligne, que lui amenait son colonel, Labédoyère. Le 7 mars, Napoléon entre à Grenoble, qui ouvre ses portes sans combat.

Le succès de Napoléon avait été préparé par ses proclamations , répandues d'abord en manuscrit, puis imprimées, quand la petite troupe

Fig. 35-1. — Entrée de Napoléon à Lyon, le 10 mars 1815, D'aprU uu deisiu de J.-M. Jacomiu.

fut entrée à Digne. Généralement déclamatoires, ces adresses rappelaient que l'Empereur, élevé au trône par le choix des Français, était le chef du gouvernement national ; il venait reprendre son trône à un prince qui s'appuyait en vain sur les j3rm«jpes du droit féodal : « La victoire, ajoutait-il, marchera au pas de charge ; l'aigle, avec les couleurs nationales, volera de clocher en clocher jusqu'aux tours Notre-Dame. » On ne connut qu'assez tard à Paris cette étonnante nouvelle, le

gouvernant au nom du Roi de Rome, avait formé le projet d'assassiner l'Empereur. On eut Vaudace de s'adresser à Louis XVIII ; ou pensait que ce prince, ne pouvant soupçonner qu'on tuait Napoléon pour faire arriver son fils au pouvoir, saisirait l'occasion de se débarrasser d'un compétiteur possible et toujours dangereux. Mais Louis XVIII repoussa cette ofFre avec indignation ; ce qui n'empêcha pas les misérables qui avaient conçu le projet d'eu poursuivre l'exécution.

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