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EFFORTS DES ROYALISTES. — NEY REJOINT NAPOLÉOX

5 mars, quand Napoléon était à Sisteron. Le gouvernement royal convoqua les Chambres et répondit aux proclamations déclamatoires de l'Empereur par d'autres qui ne l'étaient guère moins : « Napoléon Bonaparte, disait Louis XVIII, est déclaré traître et rebelle pour s'être introduit à main armée dans le département du Var. » Il était enjoint à tous de lui « courir sus et de l'arrêter ». Les adhérents « dudit Bonaparte » devraient aussi être poursuivis et traduits comme lui devant un conseil de guerre. Ces menaces restèrent sans effet : Napoléon avançait toujours. Le comte d'Artois, envoyé à Lyon tandis que le duc d'Angoulême se portait de Bordeaux sur Nîmes et que Ney recevait le commandement de la Franche-Comté, le comte d'Artois put bientôt s'apercevoir de l'inutilité d'une résistance. « Allons, camarade, dit-il dans une revue à un sous-officier du 13" dragons, crie : Vive le Roi! — Non, Monseigneur, cela ne m'est pas possible; si je criais quelque chose , ce serait : Vive l'Empereur ! » Le 10 mars, Napoléon arriva à Lyon ; il venait de faire en deux jours, entouré de troupes et d'une foule enthousiastes, le chemin de Grenoble à Lyon. Tandis qu'il entrait dans la ville au milieu des cris de joie de la population, le comte d'Artois, suivi d'un seul garde national à cheval, prenait à la hâte la route de l'exil. Quelques heures après, l'Empereur venait occupera l'archevêché l'appartement même que le prince avait abandonné (1). Maître de la seconde ville de France, assuré dès lors d'avoir pour lui laplusgrande partie de l'armée et le peuple, à qui l'attitude du nouveau gouvernement avait fait craindre le rétablissement de l'ancien régime. Napoléon put faire acte de souverain et reprendre l'exercice du pouvoir que la défaite lui avait arraché depuis un an. Neuf décrets, préparés à l'avance, furent publiés. Outre de nombreux changements dans tout ce que la Restauration avait rétabli, ils prononçaient la dissolytion des Chambres, motivée sur l'illégitimité de leurs pouvoirs , comme sur les actes nombreux de trahison dont elles s'étaient rendues coupables vis-à-vis de l'Empire déchu; enfin une réunion ex-

(1) Le ton des journaux de Paris indiquait les progrès de Kapoléon : «.Bumaparte est débarqué au golfe Juan. » — < Grenoble à oiavert ses portes au général Bonaparte. » — « Napoléon a fait son entrée à Lyon. y>— a S. M. V Empereur est descendue au palais des Tuileries. »

traordinaire des collèges électoraux des départements devait avoir lieu {\ Paris deux mois après ce décret. Cette assemblée aurait le nom à' Assemblée extraordinaire du champ de Mai, et elle devait « prendre des mesures convenables pour corriger et modifier nos institutions, selon l'intérêt et la volonté de la nation ». (12 mars 1815.)

Puis Napoléon poursuivit sa marche par Chalon-sur-Saône, Arnay-

Fig. 355. — Départ du roi,

le-Duc et Avallon. Le 17 mars, il était à Auxerre. Ney, chargé par Louis XVIII de prendre le commandement des troupes de l'Est à Besançon, avait promis au roi, qui craignait sur l'illustre lieutenant de Napoléon l'influence des souvenirs, « de ramener l'usurpateur dans une cage de fer ». Mais, à Lons-le-Saulnier, il vit bien que ses troupes allaient d'un seul élan vers Napoléon. Ses anciens sentiments se réveillent; d'autre part, il se rappelle les humiliations que sa femme a reçues dans l'entourage royal; une lettre du général Bertrand achève

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