‹ Napoléon Ier et son tempsChapitre 370 sur 389 · NAPOLEON A PARIS. — LA CHAMBRE. — FOUCHE · texte numérisé non relu

NAPOLEON A PARIS. — LA CHAMBRE. — FOUCHE

La Chambre des représentants, qui, à la nouvelle de la bataille de Ligny, avait eu pour première pensée de chercher des garanties contre l'Empereur, « marquant ainsi qu'elle craignait les victoires de Napoléon

Fig. 372. — Napoléon, le soir de Waterloo. D'après une esquisse peinte par Charlet. (Phot. de Braun.)

autant que ses revers », la Chambre, après Waterloo, pensa que Napoléon tenterait un nouveau 18 brumaire. Sur la proposition de Lafayette, elle déclara la patrie en danger, appela la garde nationale à la défense des représentants, réputa crime de trahison toute tentative faite pour la dissoudre, et invita les ministres à se rendre au sein de l'Assemblée. Ces dispositions étaient tout à fait inconstitutionnelles ; c'était un coup

d'État par lequel la Chambre s'emparait du pouvoir exécutif. Elle aurait dû mieux user de ce pouvoir dont elle s'était emparée.

Les représentants chargèrent leur bureau d'aller, avec celui de la Chambre des pairs, nommer, de concert avec les ministres, une commission qui négocierait directement avec les puissances coalisées. « Il n'y a qu'un homme entre la paix et nous; nous avons assez fait pour lui.

Fig. 373. — Le cri de Waterloo. Trojet de tableau esquissé à la plume par RafEet.

notre devoir est de sauver la patrie. » Fouché, qui, dans ces tristes journées, joua sans cesse ce double jeu où il excellait, augmentait encore le trouble par ses avis menaçants (1).

On en vint à parler de déchéance, si Napoléon n'abdiquait pas. On lui imposa une heure pour se décider.

Pendant ce temps, l'Empereur, accablé sous le poids de tant de désastres, épuisé de fatigue, de tristesse et de maladie, hésitait, tempori-

(1) Voir les belles pages où Quinet explique comment un homme aussi décrié que Fouché se trouva être l'arbitre de cette terrible situation et, pour ainsi dire, le maître obligé de la France.

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