SECONDE ABDICATION. — GOUVERNEMENT PROVISOIRE
sait, discutait avec les ministres et son frère Lucien. Enfin, sentant que tout était désormais perdu, il écrivit lui-même et signa les lignes suivantes, qui sont l'acte de sa seconde abdication :
« Français,
« En commençant la guerre pour soutenir l'indépendance nationale, je comptais sur la réunion de tous les efforts, de toutes les volontés, et le concours de toutes les au-
Fig, 374. — Vue actuelle de la plaiue de Waterloo.
torités nationales : j'étais fondé à en espérer le succès, et j'avais bravé les déclarations des puissances contre moi.
« Les circonstances me paraissent changées. Je m'offre en sacrifice à la haine des ennemis de la France. Ma vie politique est terminée, et je proclame mon fils sous le titre de Napoléon II, Empereur des Français.
« Unissez-vons tous pour le salut public et pour rester une nation indépendante.
f-^ • ' -1 a Napoléon. »
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Ce fut le duc d'Otrante qui porta cet acte, « son bulletin de victoire », dit M. Thiers, à la Chambre des représentants. Il était un peu plus de midi et demi. Après quelques instants d'émotion, la Chambre des représentants décréta la nomination d'un Gouvernement provisoire composé de cinq membres : trois élus par elle, et deux par les pairs; ce
furent, d'un côté : Fouché, Carnot et Grenier ; de l'autre : Caulaincourt et Quinette. Celui qui désormais va conduire les événements est le duc d'Otrante : sa conduite pendant les Cent-Jours lui valait bien l'honneur de succéder à Napoléon après l'avoir tour à tour servi, abandonné, servi
Kg. 375. — Talleyrand-Périgord. Tableau d Ary ocheffer. (Phot. de Braun.)
de nouveau et abandonné encore! C'est lui qui, par l'intermédiaire de Manuel, jusque-là inconnu, fit déclarer que, l'abdication de l'Empereur appelant naturellement son fils au pouvoir, il n'était pas besoin de le proclamer. La Chambre éludait ainsi le dernier de ses devoirs envers le souverain déchu.