‹ Napoléon Ier et son tempsChapitre 372 sur 389 · DERNIER PLAN MILITAIRE DE NAPOLEON. — LOUIS XVIIL · texte numérisé non relu

DERNIER PLAN MILITAIRE DE NAPOLEON. — LOUIS XVIIL

Mais la France eut, quelques jours après, bien d'autres griefs à reprocher à Fouché. Notre situation militaire, malgré Waterloo, était bien meilleure qu'en 1814, lorsque pour la première fois les alliés arrivaient aux portes de Paris. Au début de la campagne, Napoléon avait eu sous sa main des forces beaucoup plus importantes , et une défaite, quelque désastreuse qu'elle eût été, nous avait moins coûté que les victoires de la première campagne de France. Grouchy, qui était une des principales causes de la défaite et qui n'avait ni retardé les Prussiens ni rejoint Napoléon, avait cherché à réparer sa faute en exécutant une fort belle retraite, et avait ramené sur la Seine son corps à peu près intact. Avec les débris ralliés de Waterloo, noua avions encore

•Fig. 375. - Le» Prnssiens empêchent les députés d'entrer au l'alais-Bourbon (8 juillet 1815). (D'après un dessin terminé par Bovinet. (Coll. Hennin.)

80.000 hommes. La garde nationale et les ouvriers, qui s'étaient formés pendant les Cent- Jours en bataillons de fédérés, étaient prêts à défendre la ville du côté du nord. Wellington et Blucher, éblouis par leur victoire, avaient commis une grande imprudence.

Les Anglais étaient arrivés' à Saint-Denis, tandis que les Prussiens qui les avaient précédés étaient déjà passés sur la rive gauche de la Seine qui les séparait de leurs alliés. Il leur fallait trois jours de marche pour se rejoindre. Maîtres du passage du fleuve par les ponts de Paris , nous pouvions battre séparément chacune des deux armées. Napoléon suppliait qu'on lui rendit pom- un jour le commandement des troupes, jurant de l'abandonner après la victoire, qui était certaine. Camot demandait qu'on acceptât l'offre de l'Empereur. Déjà Exelmans, à la tête de l'avant-garde française, avait écrasé et rejeté au delà de Versailles la cavalerie prussienne. « Il nous

prend donc pour des imbéciles ! » dit Fouché, et il fit décider par la commission du gouvernement que Napoléon partirait pour Eochefort, d'où il serait conduit aux États-Unis.

On ne défendit même pas Paris, comme on l'avait fait l'année pr écédente. Le 5 juillet au soir, la capitulation fut signée . Le 8, les Anglais et les Prussiens chassaient de leurs salles des séances la Chambre des représentants et le Sénat. La vieille armée s'était retirée, sous le commandement de Davout, au delà de la Loire , loin de l'ennemi qu'elle aurait pu écraser.

Enfin, le 8 au soir, Louis XVIIl rentrait aux Tuileries. Le préfet Chabrol, qui le reçut à la barrière, lui dit : « Cent jours se sont écoulés depuis le jour où Votre Majesté, au miheu des larmes de son peuple en deuil, sortit de sa capitale. » La seconde Restauration avait commencé et Napoléon allait bientôt s'éloigner pour toujours de l'Europe qu'il avait tant troublée, et de la France à laquelle il avait donné tant de gloire.

Tabatière au petit chapeau ( considérée comme emblème séditieux après 1816).

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