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SECONDE CAMPAGNE D'ALVINZY

avec lequel les négociations avaient été rompues, et il s'y était rendu lui-même de Milan, lorsque l'approche d'une nouvelle armée autri-

Fig. 33, — Le général Bouaparte au pont d'Arcole. Tableau de Gros (musée du Louvrej.

chienne, plus puissante encore que les précédentes, le ramena dans la région du Mincio, quelques semaines après qu'il l'avait quittée.

Cependant Alvinzy avait réuni des renforts qui, avec les 24.000 hommes de la garnison de Mantoue, faisaient monter à 90.000 hommes les

forces totales des Autrlcliiens en Italie. Les succès de l'Autriche en Allemagne avaient ranimé toutes les espérances, et le gouvernement de Vienne avait su profiter du temps écoulé depuis Arcole. Les divisions tirées de l'armée du Rhin furent dirigées sur le Frioul. Le Tyrol donna plusieurs bataillons de ses tirailleurs, que leur agilité et la justesse de leur tir rendaient aussi redoutables dans la guerre de plaine que dans la guerre de montagnes. Les grandes villes offraient des bataillons de volontaires. Vienne seule en fournit quatre. « Ces bataillons reçurent de l'impératrice des drapeaux brodés de ses propres mains ; ils les perdirent, mais après les avoir défendus avec honneur. »

Le plan d'Alvinzy était des plus vastes : l'armée autrichienne, victorieuse des Français, devait, après avoir délivré Mantoue, se réunir dans les Romagnes à une armée papale qui s'y formait et dont le commandement serait donné à Wurmser.

L'armée française était composée de quatre divisions de 10.000 hommes. Sérurier était devant Mantoue, Augereau à Legnano, Joubert à Corona, Masséna à Vérone. Malgré l'infériorité de ses forces, Bonaparte n'en avait pas moins formé une réserve, qui, sous le commandement de Rey, était placée à Castelnuovo.

L'armée autrichienne se mit en marche vers le Mincio.

Bonaparte ignorait encore quel était le plan de l'ennemi ; il put même croire d'abord que les Autrichiens portaient leur principal effort du côté du bas Adige. Le grand état-major, disait-on, était près de Legnano, et on avait vu deux équipages de pont. Le général Duphot faisait dire qu'il y avait environ 12,000 hommes de ce côté et que ce n'était probablement que la première ligne. Joubert écrivait de la Corona qu'il avait pu contenir l'ennemi et repousser ses attaques.

Le 13, Bonaparte donna cependant l'ordre aux troupes de Vérone de se tenir prêtes à une marche de nuit ; à 10 heures, elles étaient sous les armes. Il hésitait encore sur le point où il les dirigerait ; descendraient-elles ou remonteraient-elles l' Adige? A ce moment arrive un nouveau rapport de Joubert ; l'ennemi avait déployé de grandes forces et avait voulu déborder à la fois sa gauche et sa droite. Joubert avait évacué la Corona et s'était concentré sur le plateau de Rivoli, qui était

KIVOLI.

la clef de la position et l'objectif de rennemi. D'autre part, on savait que Provera avait bordé sa droite sur la rive gauche du bas Adige , mais de ce côté il n'y avait eu qu'un combat de tirailleurs. Bonaparte en conclut que l'ennemi opérait avec deux corps, le principal sur le Monte-Baldo et un plus petit sur le bas Adige. Il pensa qu'Augereau suffirait à disputer le passage à Provera, mais le danger était imminent du côté de Rivoli. En effet, c'était sur ce plateau que l'en-

Fig. 34. — Le champ de bataille <le Kivoli et une ]iartie de la vallée de 1" Adige. D'après une aquarelle de BagettL

nemi devait réunir ses colonnes et nous écraser par la supériorité de ses forces.

Le plateau de Rivoli , bordé à l'est par la vallée de l'Adige qu'il surplombe , est dominé à l'ouest et au nord-ouest par la petite chaîne du Monte-Baldo, dont les points culminants s'élèvent à 2.000 mètres au-dessus du niveau de la mer et dépassent de 1.700 mètres environ la surface du lac de Garde. Le Tasso, petit cours d'eau qui descend des pentes méridionales du Monte-Baldo pour se jeter dans l'Adige, le limite au sud. Les sentiers qui traversent le Monte- Baldo et peuvent servir de passage à l'infanterie sont impraticables à la cavalerie et à l'artillerie, mais ils viennent se réunir près de Rivoli ù la grande route de Trente. Cette route suit d'abord la rive droite

de l'Adige, puis, arrivée à Incanale, forme entr^ les rochers une sorte de rampe tournante pour atteindre le plateau.

Alvinzy menace Rivoli des quatre côtés à la fois. Il divise son armée en six colonnes; quatre colonnes d'infanterie (Lusignan, Lyptay, Koblos, Oskay) passent par les sentiers du Monte-Baldo ; la première

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Fig. 35. — Plan de la bataille (le Hivoli.

d'entre elles (Lusignan) doit suivre le Tasso et tourner la position par le sud. La cavalerie, l'artillerie et 6.000 hommes d'infanterie, sous le commandement de Quasdanovich , montent la rampe d'Incanale. Enfin Wukassowich, avec 6.000 hommes, longerait la rive gauche de l'Adige, d'où il pourrait atteindre le flanc gauche des Français par ses boulets. « Il n'y avait pas un moment à perdre, puisque l'ennemi allait faire sa jonction avec son artillerie et sa cavalerie en s'emparant du plateau de Rivoli, et que si l'on pouvait l'attaquer avant qu'il se fût saisi de

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